Nicolas Dupont-Aignan, Premier ministre si Marine Le Pen l’emporte

Professeur honoraire
 

Dans une conférence de presse commune, Marine Le Pen a annoncé qu’elle nommerait Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre si elle était élue, pour diriger un « gouvernement d’union nationale ». Ils ont signé un « accord de gouvernement », sans nier leurs différences, en se présentant comme des partenaires libres, conservant leur « indépendance ».

Cette alliance n’est pas vraiment une surprise : leurs programmes sont très proches. Le président de Debout la France ne pouvait guère appeler à voter Macron. Il aurait pu choisir un vote blanc ou l’abstention. Il a considéré qu’il devait s’allier à Marine Le Pen et « jeter un pont » entre des courants politiques artificiellement séparés.

Dans un texte commun, intitulé Alliance patriote et républicaine, tous deux définissent six engagements précis qui concrétisent leur union : « Un patriotisme économique incitatif » ; « un patriotisme humaniste » ; « un patriotisme pragmatique » ; « un patriotisme juste, qui lutte contre les abus pour mieux donner une place à chacun » ; « un patriotisme éthique, qui renouvelle profondément les pratiques politiques » ; « un patriotisme démocratique, qui non seulement respecte mais promeut le pluralisme politique ».

Ces engagements apportent des précisions destinées à rassurer, notamment sur la transition monétaire, qui n’est pas un préalable à toute politique économique, ou sur la gratuité de l’accès aux services publics pour les étrangers arrivant légalement sur le territoire national, qui ne concernera pas l’école.

Chacun, en fonction de ses convictions ou de son analyse, jugera du caractère positif ou négatif de cette alliance et de ces propositions.

Deux types de réactions sont prévisibles et se sont déjà manifestées.

La condamnation, dans le camp LR : comme Jean-François Copé, qui estime que cette alliance est « une immense faute à la fois politique et morale » et Alain Juppé qui parle de « trahison ». Ou dans le camp Macron : on y évoque des « combines » et de basses raisons de « financement ».

La satisfaction, chez ceux qui ont toujours pensé que des rapprochements étaient possibles sur des principes communs entre le Front national et une partie de la droite. Et que la perspective de constituer une majorité pour gouverner conduirait nécessairement à adoucir des positions que certains jugent trop radicales.

Dans les prochains jours, on saura si cette alliance crée une dynamique en faveur de Marine Le Pen. Ce qui est certain, c’est que ceux qui tentent de déconsidérer ce courant politique en le qualifiant d’extrême droite risquent fort de trouver de moins en moins d’écho.

C’est en comparant les projets que chacun doit se faire une opinion et décider de son choix. Non à coups d’anathèmes ou de caricatures.

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