Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 25 juillet 2018

Nicolas Dupont-Aignan : « Cette commission d’enquête n’a plus aucun sens puisque M. Macron vient d’avouer qu’il est le seul responsable ! »

Nicolas Dupont-Aignan a claqué la porte de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla après les déclarations d’Emmanuel Macron à ses partisans. Il s’en explique et livre son analyse de cette affaire, qui traduit « la déliquescence de l’État ».

Suite aux déclarations d’Emmanuel Macron, vous avez claqué la porte de la commission parlementaire censée contrôler les agissements d’Alexandre Benalla. En quoi les déclarations du président de la République vous gênent-elles ?

Le président de la République se considère comme un chef de bande et non comme un chef d’État. Il a fait sa déclaration devant les députés d’En Marche. On ne peut pas accepter que le président de tous les Français choisisse de dire la vérité uniquement devant son camp, alors que tous les Français attendent des explications.
Si vous regardez les vidéos, c’est ahurissant. Il parle de « nous » au sens d’En Marche. Il est président de la République, il n’est pas président d’En Marche. Cette commission est devenue une mascarade.

Sa phrase « Qu’ils viennent me chercher. » a choqué beaucoup de gens.

Je pense que monsieur Benalla a déteint sur lui. C’est une phrase de petite frappe, « Qu’ils viennent me chercher ». Quel est l’enjeu ?
J’ai toujours été clair. Je n’ai jamais voulu que la commission auditionne le Président. Ce serait porter atteinte à la séparation des pouvoirs et au rôle du Président. Mais pour cela, il faudrait encore que le Président soit digne de sa fonction, s’adresse à tous les Français et ne soit pas le président d’En Marche.
En somme, il y a deux catégories de députés, ceux d’En Marche qui sont informés et les autres qui auditionnent des témoignages plus ou moins douteux.

Cela fait plusieurs jours que cette affaire Benalla occupe le devant de l’actualité. En quelques mots, que pouvez-vous nous dire sur l’affaire Benalla ?

Cette affaire traduit la déliquescence de l’État. Nous n’avons pas un chef d’État. Emmanuel Macron a fait croire qu’il était chef de l’État et qu’il restaurerait la dignité de la fonction, alors qu’en fait il l’abaisse. Il est le chef d’un clan, d’une bande. Il considère qu’il peut donner des privilèges.
Ce n’est pas tant le comportement de monsieur Benalla du 1er mai qui est en cause que tous les privilèges et la couverture dont il bénéficie. D’ailleurs, le Président l’a expliqué hier devant les députés d’En Marche. Doit-il avoir tous ces privilèges parce qu’il a fait la campagne et qu’il a assuré le service d’ordre d’En Marche ?
Cela veut dire qu’il n’y a plus d’État et plus de dignité de la fonction présidentielle.

Pensez-vous qu’il soit normal que le Président aille se justifier devant sa majorité, qui l’a défendu sans trop avoir de ses nouvelles ?

C’est complètement contraire à l’esprit des institutions. Le Président est le président de tous les Français. Il n’est pas le président d’un groupe de députés. Sinon, il faudrait qu’il soit auditionné par la commission et par tous les députés.

Qu’attendiez-vous du président de la République ?

Je m’attendais qu’il s’explique devant les Français conformément aux institutions de la Ve République. Le Président est le président de tous les Français. Il doit rendre des comptes aux Français. Et dans cette affaire, il rend des comptes aux députés En Marche.

La suite des auditions a-t-elle encore du sens ?

Elle n’a plus aucun sens. Emmanuel Macron a dit que c’était lui, le responsable et qu’il assumait tout. Pourquoi les autres s’embêtent-ils à produire des témoignages douteux pour le protéger, alors qu’il vient d’avouer sa responsabilité totale ?

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