Audio - Editoriaux - Entretiens - Justice - Politique - 20 septembre 2018

Nicolas Dhuicq : « Marine Le Pen ne fait pas la promotion du crime, elle informe la population »

Marine Le Pen a été mise en examen pour avoir diffusé, sur Twitter, en décembre 2015, des images dans le but de dénoncer les exactions du groupe État islamique. Dans le cadre de cette procédure, elle est à présent convoquée à une expertise psychiatrique.
Nicolas Dhuicq y voit une action « hypocrite et contre-productive » qui porte atteinte à la liberté de parole.



La justice demande à ce que madame Le Pen soit vue par un psychiatre dans l’affaire de la diffusion d’images de l’État Islamique. Qu’en pensez-vous ?

Je me souviens avoir été confronté à ces images horribles et terribles des camps d’extermination nazis lorsque j’étais adolescent. Elles montraient l’accumulation de cadavres décharnés. Par la suite, lorsque j’étais capable de le comprendre et encore cet été, j’ai lu les descriptions de ce qui s’y passait.
Heureusement que j’ai pu être confronté à ces images, car lorsque j’ai reçu des patients qui étaient des survivants, je pouvais comprendre l’étendue de l’horreur qu’ils avaient vécue et la signification des numéros tatoués au bras comme des animaux. Si je n’avais pas été confronté à ces images, quelle aurait été mon attitude ? Et quelle serait l‘attitude des jeunes d’aujourd’hui, s’ils n’étaient pas confrontés à ces images ?
En montrant ces images, madame Le Pen a voulu montrer l’horreur de ce que faisait l’État islamique aux Irakiens, aux Syriens et aux habitants d’autres régions du monde. Je pense que la justice devrait faire preuve de discernement. Même si tout le monde est égal devant la loi, on ne peut pas traiter la liberté de parole d’un responsable politique de la même manière d’un simple citoyen. Et comme madame Le Pen a voulu dénoncer une horreur, je ne comprends pas cette procédure, car il s’agit bien d’une expertise psychiatrique.
En faisant cette analyse psychiatrique, un ou plusieurs confrères psychiatres vont devoir recevoir en entretien prolongé madame Le Pen pour l’interroger sur sa vie, son œuvre. Et ils vont devoir se prononcer sur la question qui consiste à savoir si madame Le Pen faisait preuve, au moment des faits, de discernement ou si la conduite de ses actes était abolie ou altérée. Je trouve que c’est totalement surréaliste. C’est une instrumentalisation de la psychiatrie.
En outre, ceux qui prétendent lutter contre madame Le Pen vont lui donner une publicité extraordinaire. À mon sens, elle a parfaitement raison de contester cette mesure.
Je ne comprends pas, pour ces deux niveaux de réflexion, à la fois la procédure et cette demande supplémentaire d’une expertise psychiatrique.


Vouloir psychiatriser un opposant politique ne relève-t-il pas de méthodes soviétiques ?

En Union soviétique, il y avait une forme de schizophrénie dont j’ai oublié la dénomination exacte qui n’existait nulle part ailleurs et qui était destinée à traiter de fous les dissidents. Même si dans le cas de quelques-uns assez connus, rétrospectivement il pouvait y avoir des troubles psychiatriques. Nous connaissons bien l’instrumentalisation de la psychiatrie dans les systèmes totalitaires.
Ce que je trouve extrêmement grave dans cette affaire c’est l’atteinte à la liberté de parole.
Quand monsieur Le Pen déclare que les fours crématoires sont un détail de l’Histoire, il y a évidemment des raisons d’être indigné et de mener une procédure. Mais quand madame Le Pen dénonce les exactions de Daesh, elle ne fait pas la promotion du crime, elle ne le banalise pas, au contraire, elle informe la population de la même manière que j’ai été informé dès ma préadolescence de ce qui s’était réellement passé dans les camps d’extermination nazis.
Je trouve que cette procédure est contre-productive et extrêmement hypocrite. Je n’accuse pas le gouvernement ni le président de la République, mais en réalité elle suit une stratégie non écrite qui consiste évidemment à faire en sorte que seuls madame Le Pen et monsieur Macron soient les acteurs de la vie publique. En réalité, en diabolisant madame Le Pen, on renforce la possibilité de réélection de monsieur Macron.

À victimiser comme cela la présidente du Rassemblement national, on a presque l’impression que cela lui rend service.
Pour elle, en tant que personne humaine, je pense que c’est assez difficile à soutenir et c’est une agression qui n’est pas justifiée à l’encontre de sa personne. Elle n’est pas justifiée au niveau judiciaire, car madame Le Pen n’est pas dans la logique de ces sites internet djihadistes qui font l’apologie des horreurs de l’État islamique et des autres mouvements apparentés type Al Qaïda ou autres. Elle est dans une logique contraire.
Je pense qu’il faudrait faire acte de discernement. Nous avons la sensation d’un système fou sans aucun discernement qui persécute et porte atteinte à la liberté de parole. Il est de surcroît contre-productif puisqu’il renforce l’aspect victimaire d’une personne.

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