Ni homme ni femme, mais « ils »…

La perte des repères identitaires fractionne les plaques tectoniques d’un Canada qui ressemble à un gigantesque millefeuille bigarré. Les théories du genre ont réussi à pénétrer au cœur de ce royaume du multiculturalisme, au point même que certains activistes réclament que toute requête concernant des changements d’état civil puisse contraindre le gouvernement à modifier les pièces d’identité d’un individu.

C’est ainsi que Joshua M. Ferguson, cinéaste de 35 ans et activiste LGBTQ, vient de remporter une longue bataille judiciaire qui l’opposait au gouvernement ontarien à l’effet de pouvoir modifier son certificat de naissance à sa convenance. Identifié comme un garçon à sa naissance, le principal intéressé considère qu’il n’est pas un homme, ni une femme, et tient mordicus à utiliser they (ils), un pronom qui est considéré comme neutre au niveau du genre. On peut imaginer la tête d’un douanier, quelque part à l’autre bout du monde, lorsqu’il feuillettera le passeport des messieurs-dames Ferguson. Ils ? Mais « s’agit-il d’un passeport familial ? », se demandera l’infortuné fonctionnaire. Quoi qu’il en soit, les Ferguson (deux dans un) se sentent soulagés de « pouvoir enfin compter aux yeux des autorités ». Et, manifestement, c’est ici que tout se complique.

Comme le rapportait, il y a peu, l’agence La Presse canadienne, Ferguson, qui est né à Brantford, Ontario, avait déjà fait une demande aux autorités concernées pour que soit changée la désignation sexuelle sur LEUR certificat de naissance à l’effet de refléter leur nouvelle orientation « non binaire ». Comme cette demande avait été faite en mai 2017, et que les choses traînaient, Ferguson a logé une plainte relative aux droits de la personne. C’est à ce moment-là que les choses se sont débloquées comme par enchantement. Soulignons que certaines dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés peuvent agir comme un véritable bélier permettant à d’habiles juristes d’attaquer à peu près n’importe quoi.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Joshua M. Ferguson entend demander à ce que son passeport, sa carte d’assurance maladie et son permis de conduire de la Colombie-Britannique soient modifiés en conséquence. Étant né(s) en Ontario, le(s) principal(aux) intéressé(s) peut compter sur la législation particulièrement flexible de cette province qui n’oblige plus les citoyens à préciser leur sexe (identité sexuelle ?) lorsqu’ils renouvellent leur permis de conduire.

Au rythme où vont les choses, les militants LGBTQ vont exulter puisque les Canadiens auront, bientôt, la possibilité d’opter pour une autre désignation que celle d’« homme » ou de « femme » sur leur formulaire de demande de passeport. L’appareil législatif entend, d’ailleurs, modifier la Charte canadienne des droits afin de mieux protéger les personnes transgenres et d’autres « minorités sexuelles » qui peuvent se sentir discriminées par les « cisgenres », c’est-à-dire les infortunés citoyens qui s’identifient toujours au sexe de leur naissance. Autant dire que Monsieur et Madame Tout-le-monde auront intérêt à se la fermer !

« Je pense que, très bientôt, nous serons finalement considérés comme des êtres humains », confiait récemment Ferguson à la Société Radio-Canada. Tout ce branle-bas de combat correspond à un « geste politique » pour celui qui n’en pouvait plus de dissimuler son orientation « allosexuelle ». Allo ? Le Wiktionnaire précise que l’allosexuel est une « personne ayant des attirances sentimentales, des pratiques ou une orientation sexuelle autre que l’hétérosexualité stricte […], l’asexualité ou l’autosexualité »

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