Editoriaux - Polémiques - 17 septembre 2018

Néo-emblématique présidentielle : le monde nouveau fait de la résistance

Un nouveau logo de l’Élysée est apparu subrepticement lors de la présentation du plan pauvreté par le Président ?

N’y voyons aucun rapport, le blason ne s’est point appauvri mais plutôt enrichi d’un symbole qui évoque un passé antérieur – de 37 ans – à la naissance d’Emmanuel Macron. La République en marche est donc revenue sur ses pas, piochant sans vergogne dans l’héraldique gaullienne.

Selon l’Élysée, il s’agit d’une « référence à Charles de Gaulle pour marquer les 60 ans de la Ve République », mais aussi « les 50 ans de la mort du général et les 80 ans de l’appel du 18 juin » qu’on célébrera en 2020.

Pourquoi maintenant ? Peut-être pour honorer les dix derniers compagnons de la Libération encore vivants ?

À moins que ce ne soit, plutôt, un message subliminal et très paradoxal envoyé à l’Europe en désordre, et en particulier à ses hérauts « nationalistes » qui brisent le « leadership » communautaire ambitionné par la France ?

Notre pays fait de la résistance contre ces chefs d’État « populistes » véhéments de l’Est et du Sud, coupables de saper les belles et nobles valeurs humanistes de la communauté qui ont forcé la paix et la prospérité de ses membres depuis sa création !

En étudiant minutieusement les modifications apportées à l’emblème élyséen, de petits détails apparaissent en outre, qui laissent dubitatif.

Le faisceau de licteur – celui qui, dans l’ancienne Rome, ouvrait l’espace devant le magistrat, façon Benalla, en quelque sorte – a perdu de ses lanières évoquant une certaine cruauté, et s’est donc éclairci pour laisser mieux voir cette nouvelle croix de Lorraine. Les rameaux d’olivier et de chêne qui symbolisent respectivement la paix et la justice ont été curieusement élagués et il semble que le premier a perdu ses quelques fruits. Ce qui voudrait peut-être évoquer jeunesse ou printemps…

Cependant, la hache est toujours présente dont on se sait qui elle menace, car cet instrument d’une punition brutale et définitive ne saurait caractériser ni le pouvoir du Président ni l’indépendance de la Justice, qui est l’un des fondements de notre République et rappelé à tout propos lors des diverse polémiques qui envahissent le paysage politico-social.

Cet outil barbare aurait pu, à l’occasion, avec un fort symbolisme et comme une profession de foi du Président actuel, être remplacé par une étoile, l’une des douze illustrant le drapeau européen…

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