Entretien - Législatives 2017

Jean-Pierre Lecoq : « Nathalie Kosciusko-Morizet pratique le nomadisme idéologique »


Maire du VIe arrondissement de Paris

 

Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement, présente sa candidature dans la même circonscription que NKM, bien qu’étant sur le papier de la même famille politique… il s’explique au micro de Boulevard Voltaire.

Vous êtes le maire du 6e arrondissement de Paris et vous présentez votre candidature dans la 2e circonscription, qui est la même que Nathalie Kosciusko-Morizet. Pourquoi cette candidature déclarée alors qu’elle fait partie de la même famille politique que vous, en tout cas sur le papier ?

C’est une excellente question, effectivement, et il est normal que les habitants de Paris et de cette seconde circonscription se la posent.

Déjà, je veux quand même rappeler que j’étais légitime.

J’étais légitime dans la mesure où je suis le maire du 6e arrondissement depuis de nombreuses années et j’ai été député suppléant de Martine Aurillac, qui était députée-maire du 7e arrondissement, pendant une quinzaine d’années.

À l’inverse, Nathalie Kosciusko-Morizet est actuellement députée sortante de l’Essonne et achève son troisième mandat comme députée de l’Essonne. Elle est à Paris depuis 2014 et elle est élue dans le 14e arrondissement. Elle n’a donc aucune attache, aucun lien avec les 5e, 6e et 7e arrondissements. Cela avait déjà beaucoup choqué d’élus et d’électeurs au début du mois de février, lorsqu’elle avait, à l’arrache, obtenu de François Fillon cette investiture.

Deuxièmement, ce qui m’a poussé, c’est que malheureusement, et vous le savez ainsi que vos auditeurs, depuis la première fois depuis un demi-siècle, il n’y a eu aucun candidat de la droite et du centre au second tour de l’élection présidentielle.
Tout a volé en éclats et, aujourd’hui, nous voyons des personnes, comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou d’autres, pratiquer le nomadisme idéologique. Après avoir été porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2012, après avoir soutenu François Fillon à l’élection présidentielle, maintenant, au début de la semaine, elle s’est « roulée par terre » pour obtenir le poste de ministre de la Défense ou de l’Éducation.

Je crois que, dans cette période où beaucoup considèrent que la transgression et le dégagisme sont de nouvelles vertus, il est bon que certains candidats ou certaines candidates défendent, justement, les valeurs de la droite et du centre, acceptent éventuellement de voter des projets de loi qui correspondraient à nos idées à partir du moment où ils seraient proposés par le nouveau gouvernement mais, en revanche, refusent de s’aplatir devant lui, refusent de coopérer systématiquement à partir du moment où sa plate-forme électorale n’est pas connue.

À l’heure où nous parlons, certes, il y a un gouvernement composite, mais nous ne connaissons pas ses orientations dans bien des domaines, sauf effectivement à se référer à la plate-forme présidentielle d’Emmanuel Macron.

Est-ce que, finalement, votre candidature n’est pas en face de NKM, précisément, une manière de clarifier la position des Républicains après cette élection présidentielle ratée, en effet ?

Oui, bien évidemment, c’est bien le sens de ma candidature.

D’ailleurs, ce n’est pas face à NKM. NKM, encore une fois, a atterri un peu par hasard dans cette circonscription après, d’ailleurs, me semble t-il – on me l’a raconté -, avoir menacé François Fillon de rejoindre Emmanuel Macron s’il ne lui accordait pas cette investiture.

Vous voyez que ce sont des méthodes et des façons de faire qui sont bien éloignées de mes pratiques.

Je me présente aux électeurs à côté d’elle. Nous sommes d’ailleurs un nombre considérable de candidats en raison de la législation que vous connaissez. Mais j’offre effectivement une véritable alternative à une candidate qui, de fait, me semble être plutôt la copie du candidat En Marche ! Je pense que Nathalie Kosciusko-Morizet et le candidat En Marche ! se partageront les voix de monsieur Macron.

Enfin, il y aura un autre candidat anciennement LR dans votre circonscription, c’est Henri Guaino. Comment voyez-vous cette troisième candidature de votre famille politique ?

Je n’en dirai pas de mal. Chacun connaît les qualités mais aussi les défauts d’Henri Guaino, qui a malheureusement réussi à se fâcher avec beaucoup de monde et qui est député sortant des Yvelines. C’est, d’ailleurs, une très belle circonscription où les électeurs sont très marqués à droite. C’est beaucoup moins le cas dans cette seconde circonscription de la capitale, car il y a aussi le 5e arrondissement. C’est un arrondissement beaucoup plus intellectuel, que je connais bien d’ailleurs pour y avoir fait mes études et y avoir de nombreux amis.

Qu’il veuille porter un certain nombre de valeurs, oui, mais lesquelles ? Quand on écoute Henri Guaino au cours de ces dernières semaines, on est un peu troublé. Il fait des zigzags idéologiques. Même si on connaît la valeur du personnage, à mon sens, il devrait davantage se consacrer maintenant à l’écriture qu’à l’action politique.

Maire du VIe arrondissement de Paris

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