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Najat Vallaud-BelKacem est près de ses sous

Journaliste et essayiste

Députée de l'Hérault. Directrice de publication de Boulevard Voltaire

 

Parlons argent. Ou plutôt de nos élus et de leur rapport à l’argent. Deux informations, parues dans la presse cette semaine, en disent long sur ce registre.

On apprend d’abord que la sémillante Najat Vallaud-Belkacem, jamais avare d’une leçon de morale, n’est pas toujours aussi limpide qu’elle voudrait nous le faire croire. Rappelez-vous ses grandes déclarations sur le cumul des mandats. Porte-parole du gouvernement, elle expliquait : « Pour porter plus aisément cette réforme à laquelle je crois beaucoup et dans la clarté la plus grande, c’était bien à moi-même de clarifier les choses. » Et de démissionner aussi sec de ses mandats de conseillère municipale de Lyon et de conseillère communautaire du Grand Lyon. Elle voulait respecter « l’esprit » de la future loi sur le non-cumul. Bravo ! Chapeau bas !

Que nenni. Futée, la jolie Najat s’est bien gardée de préciser qu’elle avait oublié de démissionner de son troisième mandat local, celui de conseillère générale du Rhône. Et comme par hasard… le mieux payé. Chacun appréciera.

Remarquez, une flopée de ses camarades – de droite comme de gauche – sont plutôt mal placés pour lui faire la leçon. Figurez-vous qu’un dispositif, baptisé « écrêtement », permet aux cumulards, on y revient, de reverser les sommes dépassant le plafond légal des indemnités qu’ils ont le droit de toucher – d’additionner, faudrait-il dire – … à leurs collègues des collectivités locales. Naïvement, je pensais que ces sommes restaient dans les caisses des mairies, des conseils généraux ou régionaux. Eh non, c’est eux-mêmes qui les distribuent à qui ils veulent. Si ça ne ressemble pas à une façon de s’acheter le soutien des petits copains… Mais j’ai mauvais esprit.

René Dosière, « l’empêcheur de gaspiller en rond l’argent public », comme le surnomme Le Nouvel Obs qui relate cette histoire, a proposé de supprimer ce très curieux procédé. Il a déjà été recalé une première fois. C’était sous la droite. On va voir si la gauche fait mieux aujourd’hui.

82 % des Français estiment que « les hommes et les femmes politiques agissent principalement pour leurs intérêts personnels ». Ils sont même 62 % à penser qu’ils « sont corrompus ». Ils se trompent, bien sûr…

Députée de l'Hérault. Directrice de publication de Boulevard Voltaire

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