Audio - Entretiens - Politique - 13 septembre 2018

Nadine Morano : « Dans l’Hémicycle, ce n’était pas un débat mais un tribunal ! »

Nadine Morano fait partie de ceux qui n’ont pas voté, mercredi, le déclenchement de la procédure de sanction à l’encontre de Viktor Orbán. Elle exprime son indignation au micro de Boulevard Voltaire et son regret de voir le PPE ainsi divisé.

Vous avez voté contre les sanctions, pourquoi ?

Avant d’avoir participé au vote, j’ai assisté, hier après-midi, à l’ensemble des débats sur la situation de la Hongrie. Des débats auxquels participait Viktor Orbán. Je ne devrais, d’ailleurs, pas utiliser le terme de débat. J’ai plutôt assisté à une séance de tribunal dans cet Hémicycle qui s’est transformé en un espace accusatoire au ton indigne d’un débat.
Je rappelle que Viktor Orbán a gagné haut la main les élections législatives en avril dernier. Il a toute la légitimité de son peuple pour mener sa politique.
Le temps de parole qui lui a été donné au début était de quatre minutes. Après quoi, il a subi deux heures de salve d’interventions politiciennes d’une extrême violence. En réponse à cette salve, il a eu le droit à deux minutes d’intervention, alors que la Commission a eu trois minutes pour elle.
C’était ridicule. J’ai trouvé ce débat absolument grotesque et indigne de l’Union européenne. J’ai lu le rapport qui, pour moi, est un torchon. Il ne repose que sur des bases idéologiques. J’ai donc décidé de voter contre. Je suis gaulliste, je respecte la souveraineté et les nations. J’ai dit quel serait mon vote. J’ai voté contre.

Votre groupe politique a, néanmoins, voté pour le vote des sanctions à une écrasante majorité. Comment expliquez-vous cette défiance générale d’une grande partie de l’Union européenne vis-à-vis de Viktor Orbán ?

Le groupe PPE est divisé. Je ne vais pas le nier. Il y a eu des divisions même au sein de la délégation française du groupe PPE. Je le regrette sincèrement. J’ai, tout de suite, senti l’opération politique menée par cette députée européenne de la famille des Verts du groupe de la gauche. J’ai senti ce piège tendu, à quelques mois des élections européennes, pour diviser le groupe. Cela a un peu marché.
Il y a une diversité d’opinions au sein du groupe PPE. J’ai dit à Viktor Orbán qu’il avait fait un excellent discours à Madrid. Je suis favorable à ce que nous définissions une vraie politique ferme contre l’immigration illégale que subit l’Union européenne aujourd’hui.
Au sein de l’assemblée de l’Union européenne, nous payons la politique de quotas de migrants.
Je le déplore. Et j’ai, d’ailleurs, toujours voté contre. Cela ne résout aucun problème ni pour l’Union européenne ni même pour ceux qui ont choisi de venir sur le territoire européen de manière illégale.
Depuis des mois, depuis le début de mon mandat et de cette crise, je réclame un discours qui consiste à responsabiliser l’Union africaine.
Je suis excédée de voir à quel point on veut culpabiliser les Européens sans jamais responsabiliser l’Union africaine. Matteo Salvini refuse des bateaux, la France, elle, dit qu’elle ne veut pas non plus que l’Aquarius accoste sur ses côtes. Je constate que ceux qui sont sur l’Aquarius sont, aujourd’hui, répartis dans des centres d’accueil dans le grand Est de la France. Je suis contre cela.

Schématiquement, nous constatons, d’un côté, une Europe fédérale et progressiste avec Macron et Merkel et, de l’autre côté, une Europe des nations anti-migrants avec Orbán et Salvini. Que pensez-vous de ce schéma ?

Ceux qui se revendiquent progressistes sont, pour moi, ceux qui veulent laisser le continent européen être submergé par l’immigration illégale. Je combattrai toujours les soi-disant progressistes qui sont des laxistes et des lâches. Je serai toujours du côté de ceux qui veulent défendre nos frontières.
Au-delà de cela, je veux aussi une politique responsable vis-à-vis du continent africain. Il y a beaucoup de travail à faire vis-à-vis de l’Afrique. J’entends que nous relevions ce défi de l’Union européenne et de l’Union africaine. Mais nous ne le ferons pas en tournant la tête face à ce qui se passe sur le continent africain.

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