Editoriaux - 27 octobre 2018

Mystère et consolation à l’Élysée 

Clémentine Célarié au secours de Brigitte Macron

Vacances de Toussaint : visite annuelle chez le dentiste pour toute la famille. Dans la salle d’attente, un numéro récent de Elle s’échoue entre mes mains et, avec Elle, un article qui a dû faire les délices des patients, vu le degré d’usure avancée du magazine… Est-ce encore un coup de Mimi Marchand ? En tout cas, le macronisme se porte à merveille dans la presse people. Et Elle n’est pas en reste. Je n’ose imaginer les réactions des copines de ma mère quand, sous le casque, elles retrouvent la vie trépidante de Brigitte. Là, on en est à l’épisode des épreuves. Benalla, Saint-Martin : qu’est-ce qu’elle endure, cette pauvre première dame, enfermée dans ce palais froid où les échos de la fête de la Musique de juin ne sont plus qu’un lointain souvenir du temps béni où tout allait bien, où tout était permis… Désormais, on nous fait savoir que Mme Macron est contrariée par les errements de son mari. Mais on n’imagine pas l’étendue de ce qu’elle subit. Donc Elle:

« Brigitte Macron – ce que lui a dit Clémentine Célarié : “J’ai trouvé ça ignoble, honteux”. »

Tout m’attire, dans ce titre : Clémentine Célarié, bien sûr. Et puis ce « ça ».

Clémentine Célarié et moi, c’est une longue histoire. À bien des guichets, quand on entendait trop vite mon nom, « Ah ! Comme Clémentine ? Comme l’actrice ? Vous êtes parents ? – Euh, non, moi, c’est Célérier, pas Célarié. » Et je n’intéressais plus. Clémentine Célarié avait ce pouvoir de m’attirer des sourires accueillants. Trente secondes. C’était déjà ça. Et, donc, je l’aime bien, cette fille du Splendid, comme tous les Français. Depuis le mythique 37°2 le matin, évidemment. Mais aussi pour le moins connu Nocturne indien. Que devient-elle, ma presque parente, après tout ce temps ?

Eh bien, elle tourne, et elle tourne à l’Élysée, un téléfilm au titre racoleur au possible, comme mon propre titre et celui de Elle : « Mystère à l’Élysée ». Le réalisateur s’est d’ailleurs confié au Parisien :

« On a joué dans la salle du Conseil des ministres. On a même croisé Nemo, le chien du Président ! »

Ben oui, il y a plus de chance de le croiser là que n’importe où ailleurs, le brave Nemo. On est confondu par de telles surprises. Mais, évidemment, l’apparition de Nemo n’était qu’un préliminaire pour une autre entrée en scène : Alexandre Benalla ? Mimi Marchand ? Stéphane Bern ? Non, vous n’y êtes pas.

« C’est vers 21 heures que la première dame a fait la surprise de sa venue à l’équipe. »

Brigitte Macron herself à l’Élysée ! Aussi inattendu qu’un président de la République faisant des selfies vulgaires avec de petites racailles à Saint-Martin.

Brigitte Macron et Clémentine Célarié réunies pour un « Nocturne élyséen » inédit : « Nous avons passé une demi-heure ensemble. […] C’était un moment volé au temps », affirme une Clémentine Célarié que Elle nous dit « conquise » par la première dame.

Comme la France des ménagères de plus de cinquante ans, j’ai droit aux confidences de ces deux extraordinaires actrices de plus de soixante ans (et on se dit que, décidément, le club théâtre du lycée d’Amiens valait bien le Splendid comme formation) :

« J’ai été touchée, car j’ai rencontré une personne humaine, pas une femme de pouvoir. J’ai détesté la façon dont on l’a traitée en raison de sa différence d’âge avec son mari. J’ai trouvé cela ignoble, honteux, et je le lui ai dit. »

Ah c’était donc ça, le ça ! Mais il y aurait même bien plus grave que « ça », selon Elle : des attaques sur « son âge tout court, sur lequel elle aurait menti selon une fake news qui a circulé sur les réseaux sociaux ». Et Elle n’oublie pas de chuchoter l’état de notre « première dame qu’on dit souvent affectée, et pour cause, par ces critiques incessantes et d’un autre temps ».

Et ces critiques incessantes et d’un autre temps à l’égard du mari de Madame ? Elle ne nous dit pas s’il en est affecté et qui l’en consolera. Mystère à l’Élysée…

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