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Myriam Rawick : « Être chrétienne m’a donné des forces pour résister »

Une jeune Syrienne chrétienne, Myriam, présente son livre (Le Journal de Myriam) au micro de Charlotte d’Ornellas. Pour raconter sa vie pendant la guerre en Syrie. Sans rien cacher des peurs et des traumatismes, elle adresse un formidable message d’espérance chrétienne. Un témoignage exceptionnel qui s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants.

Bonjour, Myriam. Tu es aujourd’hui en France parce que tu as écrit un livre avec un journaliste français pour raconter ta vie pendant la guerre. Peux-tu nous dire comment cette guerre a commencé pour toi ?

La guerre a commencé pour moi avec de nombreux bombardements et les très nombreux obus.
Mes amis ont commencé à avoir très peur.
Il y a eu des coupures d’eau et d’électricité et une baisse des activités là où j’étais.
L’autobus ne passait plus me prendre pour aller à l’école. L’école a déménagé et nous aussi avons été obligés de déménager.

Peux-tu décrire qui sont ces hommes qui sont venus et vous ont obligés à fuir ? Que voulaient-ils ? Pourquoi avez-vous eu peur ?

C’étaient tous des combattants, des hommes armés, tout en noir. Dans mon quartier, c’étaient les combattants de Jech el’ heur (armée libre). Ils faisaient vraiment peur. Ils portaient des djellabas noires et de longues barbes. Ils étaient armés. Ça fait peur à voir. Ils cassaient tout. Ils criaient « Allah akbar ».

Il y a quelques mois, l’armée syrienne a repris la totalité de la ville d’Alep. Qu’est-ce qu’il y a de changé dans votre vie ? On a parlé de libération ?

D’abord, il n’y a plus de bombes qui tombent. Nous pouvons sortir avec mes amies sans avoir peur, et sans que maman s’inquiète. Le bus repasse désormais pour nous emmener à l’école. L’eau et l’électricité sont revenues. Il n’y a plus jamais d’obus. Tout à changé ! Tout est mieux maintenant.

Tu es en France depuis quelques jours. Tu as rencontré beaucoup de journalistes qui t’ont demandé de raconter ton histoire. Tu as quand même reçu un prix pour ce livre. Qu’est-ce que cela te fait de savoir que les Français s’intéressent à ton histoire ?

Je me sens très fière et très heureuse. Je suis très fière parce que je peux parler de mon pays et décrire la réalité. Je ne m’attendais pas, en écrivant ce journal, à ce qu’il soit un jour publié. Je suis très heureuse.

Tu nous dis que tu es très contente que les Français puissent entendre ton histoire. On a beaucoup parlé de la Syrie, ces dernières années, mais ton histoire semble différente de ce que nous avions entendu, nous, dans les médias. Quel est ton regard là-dessus ?

Notre histoire est vraie. J’ai transmis ce que j’avais vécu, ce qu’a été cette guerre pour moi. J’ai écrit la réalité, tous les jours. C’est vraiment le récit de ma vie. Je peux vous assurer que j’ai vécu pendant mon enfance chaque ligne de ce que j’ai écrit pendant cette guerre. Tout est vrai.

Tu es une toute jeune fille. Tu es arrivée en France aujourd’hui. Qu’aimerais-tu dire aux enfants de ton âge qui sont aujourd’hui en France et qui pourraient t’écouter ?

Je voudrais leur dire de s’aimer et de ne pas se battre. Qu’ils cherchent toujours la paix. Et je leur souhaite vraiment de ne jamais connaître ce que nous avons eu.

Tu as une particularité, tu es une petite chrétienne en Syrie ? Qu’est-ce que cela a apporté de plus ou qu’est-ce qui était différent du fait d’être chrétienne ?

D’abord, cela me permettait de prier avant d’aller m’endormir, de demander au Bon Dieu de faire cesser cette guerre. J’allais aussi à l’église avec mes amis, pour prier pour la paix. Être chrétienne est très important pour moi et m’a donné des forces.

Qu’espères-tu pour la Syrie, pour ta famille, pour tes amis ?

La paix !

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