Culture - Editoriaux - Histoire - Politique - Théâtre - 20 avril 2018

Des musulmans modérés couvrent immodérément un héros grec

Après les statues voilées du Capitole, lors de la visite du président iranien Hassan Rohani en janvier 2016, « décision prise en signe de “respect envers la culture et la sensibilité iraniennes” par les autorités politiques italiennes » (Ouest-France), ça recommence chez nos voisins transalpins : « À l’occasion d’un congrès musulman organisé dans le théâtre communal de la ville de Savona, un des représentants a décidé de couvrir une statue de 1880 représentant un héros grec antique nu : Épaminondas » (Valeurs actuelles).

La dissimulation de cette statue du XIXe siècle ne vise cependant pas une simple nudité dérangeante ; elle attaque symboliquement notre identité, incarnée ici par un général et homme d’État thébain (420 avant J.-C. – 362 avant J.-C). Ce qui nous renvoie à la Grèce antique, l’un de nos socles culturels. Par ailleurs, nous nous trouvons en Italie, où le nu et l’art de la Rome antique dans son ensemble furent redécouverts au début du XVe siècle, au cours de la première Renaissance italienne, à Florence. En d’autres termes, le nu et l’Italie, ça ne date pas d’hier !

Dans la première moitié du Quattrocento, le sculpteur Donatello réalisa un David nu en bronze – le premier du genre depuis l’Antiquité –, insufflant un idéal antique de pureté au héros biblique, « protégé par sa seule vertu morale » (Giovanna Uzzani, Florence à ne pas manquer – 100 chefs-d’œuvre à visiter).

On peut donc, en extrapolant à peine, dire que ce geste de recouvrir la statue d’Épaminondas vise à la fois nos origines gréco-romaines et judéo-chrétiennes. En effet, le christianisme s’inscrit résolument dans une continuité historique, bien éloignée de cet obscurantisme qu’on veut à toute force lui faire endosser. Pour s’en convaincre, si besoin, il suffit de lire Jacques Le Goff, Georges Duby ou Sylvain Gouguenheim – ce dernier ayant été violemment malmené pour son ouvrage Aristote au mont Saint-Michel, qui remettait en question l’idée que l’islam aurait été à l’origine de la découverte de l’Antiquité gréco-romaine par le monde chrétien. Idée qui ne tient pas à l’examen des faits.

Cette nouvelle affaire de statue que l’on ne saurait voir a légitimement attisé « l’indignation de la droite italienne. “Nous devons protéger notre Histoire de toute tentative d’obscurantisme”, a commenté un élu de Fratelli d’Italia » (op. cit.). Quant à la gauche de ce pays, qu’elle se demande un instant ce qu’il adviendrait du tourisme en Italie – une manne financière – s’il fallait recouvrir toutes les représentations de la nudité réalisées par ses illustres artistes.

Face à ce tollé, « la fédération islamique de Ligurie nie de son côté toute tentative de “censure” : “Nous avons couvert la statue mais uniquement pour quelques heures, notre islam est modéré” » (Franceinfo). Comme j’ai pu le lire dans un commentaire, s’ils sont modérés, qu’est-ce que cela doit être avec les autres !

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