Munich : l’échec du diktat de Mme Merkel

Munich : sa pinacothèque, son calme, sa fête de la bière. Mais, depuis le début de la crise des « réfugiés », la capitale de la Bavière est devenue l’une des portes d’entrée en Allemagne que Mme Merkel a ouvertes en grand.

Et c’est peut-être de Munich que les Allemands vont commencer à prendre conscience (ils sont déjà 38 % à avoir peur de cette crise migratoire, chiffre considérable pour l’Allemagne) de l’irresponsabilité de leur chancelière.

Car la Bavière, par bien des côtés, ressemble fort à ces pays de l’Est à forte identité qui résistent héroïquement au nouveau diktat de Mme Merkel. Comme l’a fort bien vu Dominique Jamet, si la Hongrie, la Pologne, les Républiques tchèque et slovaque et les États baltes résistent à la pression de l’Allemagne, c’est que ces pays ont longtemps et souvent été rayés de la carte par le nazisme puis le stalinisme. Leur identité, eux, ils savent ce que c’est, car on la leur a déniée durant tout un siècle de fer. Alors, quand on leur dit que ces nouveaux migrants – et l’islam qu’ils apportent avec eux – qu’ils voient manifester dès leur descente de train doivent faire partie de leur identité, ils disent non. Et, visiblement, la Bavière, avec sa forte identité catholique, et le souvenir du rideau de fer qui la sépara un demi-siècle de ses frères allemands, n’a pas tout à fait la même vision des choses que Mme Merkel. Il est quand même effarant qu’un drame migratoire et identitaire de cette ampleur, avec tous les risques qu’il comporte de déstabilisation économique, sociale, culturelle et sécuritaire, notamment pour de petits pays (et qui plus est en pleine crise économique), soit traité par Mme Merkel, M. Hollande et l’Europe bruxelloise comme une crise de surproduction agricole : par les quotas…

À peine décidée, cette politique coupée des réalités du terrain, comme bien des politiques bruxelloises, trouve évidemment ses limites concrètes : ce week-end, la gare de Munich est submergée par 20.000 « réfugiés », après plus de 10.000 le week-end dernier (source : Le Monde). Après tout, Mme Merkel n’a-t-elle pas, toujours aussi irresponsable, brandi le chiffre de 800.000 ?

Crise migratoire, et bientôt crise politique en Allemagne car, au fait, de qui Mme Merkel tient-elle son pouvoir ? N’est-elle pas le leader de la CDU ? CDU qui ne serait pas ce qu’elle est sans la puissante CSU bavaroise. Et là, les choses commencent à se gâter pour Mme Merkel, car l’homme fort de la CSU a publiquement désavoué Mme Merkel et pris fait et cause pour M. Orbán, le Premier ministre hongrois, porte-parole des résistants à l’immigration imposée par Bruxelles et Mme Merkel.

Il semblerait qu’en Allemagne aussi une recomposition politique soit en marche.

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