Mondialisation : la France n’est pas à la hauteur et ne pourra jamais l’être

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Docteur en droit

 

Dans le monde des fauves qui passent leur temps à s’étriper, le très humaniste libéralisme a enfanté récemment un monstre : la mondialisation. Or, la France, manifestement n’a jamais été à la hauteur de ce défi. Alors, réagissant en bon libéral qu’il est, notre nouveau Président répond d’instinct : « La France doit faire des réformes structurelles. » Mais le problème de notre économie n’est pas structurel, il est fondamentalement mental !

Un de mes amis, qui a été pendant vingt-cinq ans agent commercial d’un grand nombre d’entreprises françaises, me disait récemment que son expérience lui permettait d’affirmer sans détours que, mis à part les entreprises du CAC 40 et quelques autres grandes sociétés généralement anciennes, les entreprises françaises, d’une manière générale – qu’on me pardonne son expression osée -, sont de vrais bourrins indécrottables. Un grand nombre d’entre elles partent à l’export sans même avoir un catalogue et un tarif rédigés en anglais. Pour instruire une commande destinée à l’export, certaines entreprises françaises exigent huit semaines, quand le délai maximum pour les entreprises étrangères est en général de deux semaines ! Puis, à chaque commande, il y a toujours un problème. Ce même ami me disait qu’il lui est arrivé de proposer plusieurs fois ses services à des entreprises qui ont invariablement décliné son offre, qui ne coûte rien puisqu’il travaille à la commission. Il a fini par croire à une sorte de masochisme commercial. 

Il y a dix ans, inspiré par les pouvoirs publics qui incitaient les fabricants d’épicerie fine à aller conquérir le marché indien, mon ami m’avoue avoir six mois à en convaincre une dizaine !

Naturellement, aucun d’entre eux n’avait proposé de participer à parts égales à ses frais de déplacement.

Ce même ami entretient de bonnes relations avec le patron de la distribution du gaz pour la Lettonie et l’Estonie. Très francophile, celui-ci a voulu collaborer au départ avec Gaz de France. Ayant attendu plusieurs mois la réponse de cet honorable prestataire, il s’est résigné à contacter ses homologues allemands qui, eux, lui ont répondu au bout de quinze jours. Déjà, au début des années 90, il s’étonnait de ne pas voir en Lettonie les marques françaises d’automobiles alors que les allemandes étaient arrivées dès les premiers jours de l’indépendance. Et il y aurait encore, ajoute mon ami, bien d’autres anecdotes à rapporter. On comprend mieux pourquoi l’Allemagne a enregistré, en 2016, un excédent commercial de 252,9 milliards d’euros alors que la France a souffert d’un déficit commercial de 48,1 milliards d’euros ! 

Alors, Monsieur le Président de la République, vous aurez beau libéraliser le travail par ordonnances, l’activité économique de notre pays restera ce qu’elle a toujours été. Le coq gaulois aura beau se dresser sur ses ergots, il le fera toujours… au milieu de son poulailler. À la sortie du village, on n’entend déjà plus son cocorico. Alors, vous imaginez, au-delà de nos frontières…

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