Entretien - anniversaire mai 68

Antoine Berth : « Tout le monde comprend bien qu’aujourd’hui, il s’agit d’une minorité de contestataires »


Porte-parole de l'Action française

 

L’Action française organise un colloque, samedi 12 mai, de 14 h 00 à 18 h 00 à Paris (Forum de Grenelle) sur le thème « Mai 68 et le Bien commun ». Le but de ce colloque ? « Invoquer notre droit d’inventaire », répond Antoine Berth, porte-parole de l’Action française, au micro de Boulevard Voltaire.

L’Action française organise un colloque intitulé ´´Mai 68 et le bien commun’´. Pourquoi ce colloque ?

Nous sommes désormais 50 ans après Mai 68 et nous souhaitons invoquer notre droit d’inventaire des bouleversements engendrés par cette révolte étudiante et syndicale. Nous proposons de déconstruire ce qui ne fonctionne pas, et de reconstruire une nouvelle société sous l’égide évidemment du Bien commun et de l’intérêt général.

Quel est le programme de ce colloque ?

Nous commencerons par redéfinir le Bien commun. Nous avons 50 ans à revisiter. Ensuite, nous aurons un entretien avec Gérard Leclerc. Il a fait Mai 68 de l’autre côté. Il nous racontera cette belle aventure étudiante et militante. Des jeunes de notre mouvement s’attelleront à présenter 6 chantiers, 6 contre-révolutions à mener. Enfin, nous réinventerons demain, en exposant nos projets de manière un peu plus globale. Nous échangerons à cette occasion avec des gens qui pourraient constituer de potentiels alliés de notre approche.

50 ans après Mai 68 les universités françaises sont encore en ébullition. Pensez-vous que les mouvements actuels peuvent recréer un nouveau Mai 68 ?

Non, je ne pense pas, et pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, ce ne sont que des petits blocages de Fac. Relativement peu d’établissements sont touchés. Dans certaines, la situation est revenue à la normale. D’un point de vue syndical, la grosse contestation des cheminots est sans commune mesure avec la contestation syndicale qui constituait d’ailleurs le gros de la contestation de Mai 68, plus que celle des étudiants. Concernant les émeutes, c’était beaucoup plus spectaculaire que ce que nous pouvons constater aujourd’hui.
Il y a un deuxième facteur qui est celui du niveau d’information de la population. Les gens sont mieux informés et ont moins l’habitude de subir. Cela peut paraître paradoxal, mais c’est ainsi. Tout le monde comprend bien qu’il s’agit en réalité que d’une minorité de contestataires.
Je ne pense pas que la mayonnaise prendra. Leurs actions tendent à les marginaliser de plus en plus. Si j’étais eux, ce n’est pas ce que je ferais.

Pourquoi la venue de Jean-François Kahn a-t-elle été annulée ?

En effet, il ne peut malheureusement pas se rendre au colloque. Il a invoqué des raisons personnelles. Nous sommes assez déçus de ne pas pouvoir l’accueillir, mais nous comprenons très bien qu’il n’est pas toujours possible de choisir ses actions.
Il faut simplement garder en tête que l’Action française ne se contente pas d’inviter des personnes qui pensent comme ses membres. Nous aimons et souhaitons la confrontation d’idées différentes et l’apport d’autres regards. C’est ce qui garantit, je pense, une bonne qualité de débat et d’échange.

Quand a lieu ce colloque ?

Il aura lieu au forum de Grenelle, 5 rue de La Croix-Nivert, Paris 15e, le samedi 12 mai de 14 h00 à 18 h00.

Porte-parole de l'Action française

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