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Mise en place du label « Sécuri-site » pour rassurer les touristes à Paris…

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

La France s’enorgueillit d’être LE pôle touristique de la planète, et principalement à Paris. La ville Lumière continue d’attirer en masse les touristes. Reste à savoir qui et surtout comment.

Les attentats de 2015 ont fait chuter les chiffres de façon vertigineuse (1,3 million de touristes en moins dans les hôtels du Grand Paris), mais ils n’étaient que l’arbre cachant la forêt du mécontentement. Une analyse affinée montrait, en effet, que les doléances concernant l’insécurité vont bien au-delà du terrorisme. Elles portent majoritairement sur la délinquance de rue et dans les transports, les étrangers étant les cibles privilégiées des hordes de détrousseurs. Ainsi, nous dit-on, « les reculs les plus importants concernaient, outre les Chinois, les Japonais, les Russes, les Italiens… soit la clientèle la plus dépensière à Paris ». Quant aux messages diffusés dans le métro (en trois ou six langues selon les lignes), enjoignant les voyageurs de « surveiller » leurs sacs car « des pickpockets sont actuellement dans la rame », ils laissent plus d’un touriste stupéfait… C’est ainsi que nombre de guides touristiques à travers la planète décrivent Paris comme une ville « dangereuse ».

Et encore, cela, c’était avant… Avant les camps de migrants sous le métro aérien, les mendiants qui pullulent et la saleté qui ne recule pas, même si madame Hidalgo a fait lessiver le parcours avant le passage du Comité olympique.

Bref, les autorités ont décidé de prendre le taureau par les cornes et le touriste par la poignée de sa valise. En mars dernier ont eu lieu les rencontres nationales « Tourisme et sécurité » pour réfléchir au problème… et aboutir à cette mesure concrète annoncée par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb : la création d’un label « Sécuri-site ».

Il est le fruit d’une « Convention parisienne de site » (sic), signée entre le préfet de police, la région, la mairie de Paris, la RATP, mais aussi les grands monuments (musée du Louvre, Orsay, la tour Eiffel) et les représentants des commerçants, hôtels, cafés et restaurants. Son article premier stipule que « les signataires s’engagent à concourir à la sécurité des visiteurs accueillis à Paris par des mesures de prévention, de protection et par la prise en charge des victimes en cas d’incidents ».

Pour obtenir le joli logo à apposer sur leur porte, les candidats devront faire leur « auto-évaluation » en répondant à une série de questions et attendre la visite de l’un des soixante fonctionnaires de police parisiens affectés à la prévention… Trente-huit questions, nous dit Le Figaro, du type « Êtes-vous à proximité d’un lieu public ou privé d’importance (lieu de culte, salle de spectacle, institution) ? », « Le stationnement des véhicules à moteur aux abords de votre site est-il interdit ? », « Disposez-vous d’agents de sécurité spécialisés ? », « Les membres de votre personnel sont-ils identifiables ? »

Donc, si je comprends bien, les grands hôtels des quartiers touristiques ne pourront prétendre au label. En revanche, le meublé deux étoiles au bout d’une impasse, sûrement oui. Enfin, ce label obtenu, la question des bandes de Roms détrousseurs ou des tueurs solitaires au couteau et à la voiture folle ne sera pas résolue pour autant…

Plus important, nous semble-t-il, le comité réuni début 2016 prévoyait « le détachement de policiers étrangers lors des pics de fréquentation touristique » et « l’amélioration de la prise en charge et de l’accompagnement des touristes dans leurs démarches ». Concrètement, « l’uniformisation et la généralisation de l’outil d’aide à la prise de plaintes – développé en trente langues – à toutes les forces de sécurité intérieure », ainsi que la généralisation de la « lettre plainte », évitant au touriste victime de « devoir se déplacer au commissariat ».

Pour avoir connu cette galère en tant que Parisienne, j’imagine son cauchemar… Alors, où en est-on, de ce côté ?

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