Cinéma - Discours - Editoriaux - Fiction - Religion - Santé - Sciences - 13 février 2018

Miracle à Lourdes : sœur Bernadette jette un pavé dans la mare de nos certitudes limitées et frileuses

Sœur Bernadette – sœur franciscaine Oblate du Sacré-Cœur de Jésus – souffrait, depuis la fin des années 60, d’une atteinte affectant la partie terminale de la moelle épinière qui l’empêchait pratiquement de marcher depuis 1987.

Le 11 juillet 2008, alors qu’elle était âgée de 69 ans, elle a subitement retrouvé l’intégralité de ses moyens et sa santé, juste après avoir accompli un pèlerinage à Lourdes.

Avant la guérison, elle est sous morphine parce qu’elle a subi quatre interventions chirurgicales qui n’ont jamais apaisé ses douleurs, elle est condamnée à porter un corset en permanence et une attelle au pied gauche.

Dans une vidéo diffusée par le diocèse, elle raconte : « Je n’avais jamais été à Lourdes en tant que malade… Dans la grotte, j’ai ressenti la présence mystérieuse de Marie et de la petite Bernadette… En aucun cas je n’ai demandé la guérison mais la conversion du cœur et la force de poursuivre mon chemin de malade. »

L’évêque de Beauvais a reconnu le « caractère prodigieux – miraculeux – de la guérison de Bernadette Moriau ».

L’Église est d’une prudence extrême face à de tels événements et toutes les précautions sont prises pour aboutir à un constat médical sans équivoque : sœur Bernadette ne pouvait pas guérir en l’état de la science actuelle. Quelque chose s’est donc produit qui dépasse l’entendement et relève d’une irrationalité qui met mal à l’aise les esprits forts pour qui la seule vérité est que deux et deux font quatre.

On entendra, j’en suis sûr, les mêmes discours réduisant ce miracle à un choc nerveux et soutenant qu’un jour, on trouvera des explications quand la connaissance aura progressé.

J’ose parler de « miracle » parce que je ne suis pas gêné par l’immixtion de l’incroyable dans la banalité et de l’exceptionnel dans l’ordinaire.

Il est frappant de relever que la passion pour la science fiction, les œuvres de « fantasy », ce qui déborde le réel – des thèmes dominants au cinéma – ne rend pas les esprits et les sensibilités familiers, dans la quotidienneté, la vraie vie, avec les surprises et les fulgurances imprévisibles du destin. Avec une transcendance ayant décidé d’intervenir dans notre monde trop humain.

On pourrait s’interroger sur le fait que cette bienveillance « miraculeuse » soit si rare mais, si elle était multipliée, que deviendrait notre liberté et le caractère discrétionnaire de la grâce octroyée, par des desseins impénétrables, à Sœur Bernadette plutôt qu’à tel autre malade ?

Pour les catholiques, parce qu’elle aura prié la Vierge Marie, elle a été guérie.

Pour d’autres, c’est une manipulation, une illusion collective, un « coup » de l’Église.

J’aime cependant, qu’on croie au Ciel ou non, que sœur Bernadette soit venue jeter un pavé dans la mare de nos certitudes limitées et frileuses. Les esprits forts lui en voudront, mais peu importe.

Elle oblige chacun à se questionner sur un possible au-delà.

Extrait de : Justice au Singulier
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