Culture - Editoriaux - International - Politique - 12 février 2018

Un ministre belge souhaite promouvoir l’enseignement de l’arabe

André Flahaut est, dans le monde politique belge, un dinosaure. Il fut tour à tour, sous l’étendard socialiste, ministre fédéral de la Fonction publique puis de la Défense, président de la Chambre des représentants et, aujourd’hui, ministre communautaire du Budget.

Au nom du vivre ensemble, André Flahaut souhaite désormais que soit « promu l’enseignement de la langue arabe » dans l’enseignement en Belgique francophone.

Celui-ci souffre pourtant déjà de nombreuses lacunes dans l’apprentissage des savoirs de base : le niveau de connaissance du français, et du néerlandais, la maîtrise du calcul, l’apprentissage d’une culture commune ne cessent de décliner.

Les tests PISA, plaçant les élèves belges francophones en dessous de la moyenne, et nettement en deçà des performances des têtes blondes flamandes, sont autant de piqûres de rappel de la décrépitude de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles.

L’urgence est, donc, forcément ailleurs que dans l’apprentissage d’une langue qui ne fait pas partie des parlers officiels en Belgique.

Mais, se justifie André Flahaut, il importe de « sortir l’apprentissage de l’arabe » des mosquées car lui, laïcard proclamé, n’a « pas dû apprendre le français à l’église ». De surcroît, prétend-il, la connaissance de l’arabe – cinquième langue au niveau de l’ONU, rappelle-t-il – serait un plus sur le marché de l’emploi, principalement dans certains quartiers de Bruxelles.

Lentement, mais sûrement, l’apartheid (dans le sens étymologique de « développement séparé ») s’installe dans nos pays, non plus imposé par une caste dominante et raciste – comme ce fut le cas en Afrique du Sud – mais par une minorité agissante et ses soutiens, principalement dans les mondes politique et médiatique.

Dans les écoles belges, l’arabe existe déjà comme option. Le souhait d’André Flahaut est donc de valoriser celle-ci. « Lorsque l’on veut vivre ensemble, il faut apprendre la culture, et la langue est un passage pour apprendre la culture », glisse-t-il dans une interview accordée à La Libre Belgique. Il suffisait d’y penser : après-demain, les petits Belges seront sans doute aussi contraints de suivre le cours.

Il est loin, le temps où Albert Camus disait joliment que la langue française était sa patrie. La patrie d’André Flahaut n’est définitivement pas la même que celle de l’auteur de La peste.

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