Document - Editoriaux - Histoire - Santé - Table - Télévision - 1 février 2018

Michel Cymès souffre de la critique. Vite un médecin !

Un docteur n’est pas à l’abri de la maladie. La preuve avec Michel Cymès, qui semble souffrir d’une hypersensibilité à la critique. Surtout lorsqu’elle est négative.

En proie à une crise d’indignation aiguë sur le plateau de l’émission « C à vous », l’animateur du « Magazine de la santé » frôle l’éruption d’urticaire parce qu’une journaliste de Télérama n’a pas apprécié son documentaire Hippocrate aux enfers, qui traite des expériences médicales menées dans les camps de concentration.

Mais qui est-elle pour écrire que ce sujet est abordé pour la énième fois ? s’insurge Michel Cymès. Alors qui est-elle ? Bonne question. Réponse : elle est une journaliste qui donne son avis sur un documentaire. Est-ce possible ? A priori, non. Le médecin médiatique est tellement outré qu’il promet une réponse cinglante par écrit dès le lendemain à ces salopards de Télérama. Réponse dans laquelle il redit à peu près la même chose qu’à la télé, mais assortie de la formule extraordinaire : vous pouvez ne pas avoir aimé ce documentaire, Madame… suivie immédiatement de la démonstration du contraire. Elle ne peut pas. Tous ses arguments sont réfutés. « La mise en scène outrée de mon indignation » n’était pas nécessaire à la compréhension de votre papier, affirme le réalisateur du chef-d’œuvre. La journaliste devait se contenter d’écrire qu’elle n’avait pas aimé… Une ligne suffisait. Que lui a-t-il pris de donner les raisons pour lesquelles elle avait trouvé Hippocrate aux enfers lourdingue ?

Que savez-vous, en outre, de mon indignation ? surenchérit le docteur Cymès, dressé sur ses ergots. Qui êtes-vous donc pour en juger ? Et ça recommence. Le fameux « qui êtes vous donc » de l’offensé… Nous ne sommes pas loin de la convocation en duel au pistolet (médical)…

Dans le développement de son argumentation, Michel Cymès semble estimer que la gravité du sujet constitue un passe-droit inattaquable. Qu’il est indigne d’émettre une opinion négative sur la manière dont un auteur ou un réalisateur relate les crimes médicaux épouvantables commis dans les camps de concentration. Se montrer intolérant quand on veut dénoncer les horreurs de l’intolérance… Voilà comportement bien curieux. Mais qui êtes-vous donc, Mister Cymès, pour ne pas supporter la moindre critique sur votre travail ? Décidément, la technique du « qui-êtes-vous-donc » marche à tous les coups.

Commentaires fermés sur Michel Cymès souffre de la critique. Vite un médecin !

À lire aussi

Aretha Franklin : le génie sans forcer

La musique était son langage. Sa langue natale. …