Théorie du genre

Mgr Ribadeau-Dumas : pas lieu de s’inquiéter de la théorie du genre à l’école

 

Interrogé sur RMC, mardi matin, au sujet des déclarations du pape relatives à « l’éducation au genre », le porte-parole de la Conférence des évêques De France a d’abord dit qu’on avait mal compris ses propos. C’est ennuyeux, ces papes qui ne savent pas se faire comprendre. Il faudrait songer à leur donner un cours d’expression orale. Mais enfin, Monseigneur nous dit que ni le pape ni – horresco referens – l’Église de France (bon, c’est vrai, il ne l’a pas dit en latin) n’ont prétendu qu’il y aurait une influence de la théorie du genre au programme de l’Éducation nationale.
 
Un peu dommage qu’ils n’aient pas poussé plus loin les investigations, car les manuels… « Quoi, les manuels ? » interrompt Monseigneur. Quelle bête question lui-a-t-on posé là ! « L’Église de France n’a pas examiné les manuels », nous dit benoîtement le porte-parole des évêques. « Les manuels sont sous la responsabilité des éditeurs. » Seuls de mauvais esprits se diraient qu’un commencement de lien ténu existe peut-être éventuellement entre les manuels scolaires et les programmes ? Un peu comme la Bible et l’évangélisation, en quelque sorte… Mais non, non ! Monseigneur affirme bien haut et fort que nul lien n’existe entre le livre et le cours. On ne lui demandera pas à quoi sert, dans ce cas, de les produire et les faire acheter ? Sans doute pour faire des petits avions ou des cocottes en papier. 

Tout juste le représentant des pasteurs ordinaires concède-t-il, au sujet des livres, qu’« il y en a peut-être certains qui, par certains côtés, comportent des expressions malheureuses ». On ne saurait mieux dire ! Or, donc, Monseigneur est un peu au courant… D’ailleurs, notre pasteur distingue « l’identité sexuée fondée sur l’anatomie et celle sur le culturel ». Hum… Pas sûr qu’il soit mieux compris que le Saint Père François. On souhaite un éclaircissement.
 
Quand Vincent Peillon déclare, dans le JDD, vouloir arracher l’élève au déterminisme familial, quand Taubira, à l’Assemblée nationale, précise que les déterminismes visés sont le déterminisme social et le déterminisme religieux (y compris chez les musulmans ? On ne posera pas la question : sujet tabou), ou quand Najat Vallaud-Belkacem ajoute qu’il faut profiter de la possibilité de déconstruire les stéréotypes dès le plus jeune âge pour y glisser la question du genre (Yagg)… Tout ça, c’est du pipeau, mon bon évêque. Bien sûr, nul n’a jamais envisagé de colorer les manuels et les programmes à la théorie du genre. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ?

Au fait, Monseigneur, quand avez-vous reçu les représentants de VigiGender pour la dernière fois ?

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