Economie - Editoriaux - International - Politique - 1 septembre 2018

Mettre fin au calvaire du peuple vénézuélien !

Federica Mogherini, l’inutile « chef de la diplomatie européenne », ex-communiste, vient d’annoncer un don de 35 millions d’euros au profit des Vénézuéliens. On pourra admirer la générosité de ce cœur sensible. Cette spécialiste des relations entre islam et politique qui préconise l’accueil des « réfugiés » souhaite donc aider ceux d’un autre continent. Il est acceptable que l’Union européenne aide les pays africains les plus pauvres comme le Mali, par exemple, afin de freiner l’immigration, en Europe, de leurs ressortissants en exigeant, en contrepartie, des mesures internes de meilleure gouvernance, de contrôle des migrations pour empêcher les départs et accepter les retours, et d’endiguement d’une démographie galopante. En revanche, il est scandaleux que l’argent des Européens vienne, si peu que ce soit, au secours d’un pays qui est très riche puisqu’il possède – et exploite mal – l’une des réserves pétrolières les plus importantes de la planète ! Le Venezuela n’est pas victime d’une pauvreté structurelle liée au manque de richesses naturelles, à une croissance démographique non maîtrisée, à des conditions géographiques difficiles. C’est un pays de cocagne ruiné par le socialisme paradoxalement soutenu jusqu’à présent par l’armée. Un militaire, Chávez, a instauré un régime qui, progressivement, a tourné à la dictature. Une économie réduite à la production pétrolière qui permet d’acheter les produits agricoles et industriels à l’étranger grâce aux devises qui en sont issues est suicidaire. Elle tue des secteurs entiers, condamne la majorité de la population au chômage ou à l’assistance, jusqu’à la baisse des cours et à l’effondrement. Alors, l’État n’a plus les moyens d’être généreux et les citoyens, privés de la moindre autonomie en raison de l’appauvrissement généralisé entraîné par une inflation démente (2.610 % en 2017, 14.000 %, déjà, sur 2018), n’ont plus la capacité de résister. La délinquance et la violence battent des records. Les Vénézuéliens ne se révoltent plus, ils fuient ! Maduro, c’est Ubu, multipliant les mesures absurdes et irresponsables. Il vient de supprimer cinq zéros sur les billets d’une monnaie qui ne vaut plus rien.

Chacun aura remarqué que ni Chávez ni Maduro n’ont suscité les foudres vengeresses de nos médias, ni de nos gouvernants. Ils ont même bénéficié de la sympathie enthousiaste de Mélenchon. La gauche a du mal à accepter, chez nous, que les dictatures dans le monde soient plutôt à gauche, et qu’elles puissent durer, de la Corée à Cuba, en passant par le Nicaragua sandiniste. Bien sûr, cette situation, qui devrait ne concerner que les Vénézuéliens, s’inscrit maintenant dans la confrontation entre les États-Unis, la Chine et la Russie. Ces deux derniers États sont les béquilles d’un régime en perdition qui achète des armes avec un pétrole dont la production s’affaisse en raison du manque d’investissements et de l’incapacité des dirigeants. La Russie n’a pas besoin du carburant fossile d’Amérique du Sud, mais elle trouve chez les anciens alliés de l’URSS le moyen de riposter, sur leur terrain, aux mesures prises par les États-Unis contre la Russie en Europe orientale et en Méditerranée. Les opposants à Maduro ne sont pas des djihadistes mais de vrais démocrates. Ceux de Bachar el-Assad sont des islamistes et devraient être nos ennemis privilégiés. Nous n’aidons guère les premiers et nous volons au secours des seconds.

L’Europe et la France en particulier devraient s’attacher à enrayer cette reconstruction des blocs de la guerre froide et à briser cette opposition d’un autre âge entre les gentils et les méchants. Des peuples souffrent de ce retour artificiel : les Ukrainiens, les Vénézuéliens comme les Syriens, voire les Iraniens. La main tendue à la Russie et l’écoute favorable à ses attentes légitimes paraissent les meilleurs moyens d’endiguer ce dangereux et douloureux processus. Le fait que Poutine soit le seul chef d’État avec lequel tout le monde discute au Moyen-Orient devrait nous inciter à quitter le monde simpliste et faux du défunt sénateur McCain.

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