Chasse

Elle met fin à ses jours : « Une très bonne nouvelle pour la Nature » !

Etudiant en Histoire
 

Elle s’appelait Melania. Elle était passionnée de chasse et de tir sportif. À 27 ans, elle avait la vie devant elle. Le 24 juillet dernier, la jeune chasseresse blonde et souriante s’est pourtant donné la mort dans un champ au nord de Saragosse.

Melania Capitan était une blogueuse célèbre, suivie par plus de 9.500 personnes sur Instagram et près de 40.000 sur Facebook. Très active sur les réseaux sociaux, la jeune femme parlait de la chasse et du tir, donnait des conseils aux amateurs et postait souvent des photos où elle apparaissait fusil en main à côté de ses proies. Son public l’appréciait pour son humour, ses conseils toujours avisés et le bol d’air frais qu’elle apportait au milieu très masculin de la chasse. Un milieu dont elle avait réussi à gagner le respect et même l’admiration par sa dextérité.

Si la jeune Melania était adulée par un large public, elle était néanmoins controversée et faisait souvent l’objet d’insultes et de menaces de la part d’antispécistes et autres défenseurs de la « cause » animale. Un harcèlement qui se traduisait, notamment, par des centaines de commentaires injurieux, des menaces, des courriers anonymes et d’autres lâches procédés d’intimidation qui foisonnent à l’ère des réseaux sociaux. Selon le Daily Mail, la blogueuse aurait même reçu des menaces de mort provenant d’associations de défense des animaux.

Le magazine espagnol de chasse Jara y Sedal affirme que ce harcèlement constant aurait poussé la jeune femme à s’enlever la vie. Avant son ultime geste, celle-ci aurait laissé une lettre à ses proches, selon The Independent.

Loin de calmer la haine de ses contempteurs, la fin tragique de Melania Capitan n’a fait qu’exciter les instincts haineux d’internautes désœuvrés. Certains se seraient spécialement inscrits sur Twitter et Facebook dans le seul but de déverser leur haine sur la page de la défunte… « Vous avez enfin rendu service à l’humanité. Au revoir ! » ou Une très bonne nouvelle pour la Nature ! », pouvait-on lire, entre autres. Ce sont les commentaires les plus modérés. Beaucoup ont, en revanche, exprimé leur tristesse et défendu la mémoire de la blogueuse. On notera également le silence du milieu féministe, pourtant à l’avant-garde quand il s’agit de dénoncer le cyber-harcèlement des femmes.

Il ne s’agit pas d’instrumentaliser la mort tragique d’une jeune femme et d’en faire une martyre de la chasse ou de la cause carnivore. Les injures et menaces qu’elle recevait quotidiennement sont toutefois révélatrices d’une mentalité lyncheuse et plébéienne qui a pris son essor avec les réseaux sociaux. On se souvient qu’à l’été 2015, un dentiste états-unien avait défrayé la chronique après avoir – en toute légalité – chassé un lion. Le bougre avait même dû fermer son cabinet et quitter sa ville face à la pression.

La décadence d’une civilisation commence quand la valeur accordée à une vie animale devient supérieure à celle de la vie humaine. Melania Capitan l’a appris à ses dépens : son sourire s’est éteint pour toujours, emporté par les torrents de haine et la furie aveugle des masses biberonnées aux diverses « causes » que charrie un monde moderne en recherche effrénée d’idéal chevaleresque et d’opprimé à défendre, fût-ce au prix d’une jeune vie fauchée par le fanatisme du Bien.

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