Cathophobie - Espagne

La messe est dite en Espagne

 

Le parti de gauche radical espagnol Podemos tomberait-il le masque en dénonçant la retransmission de la messe sur la chaîne publique TVE Internacional, renouant avec les vieux démons de la guerre civile espagnole ?

Une guerre idéalisée à outrance côté républicains parce que combat romantique par excellence, notamment pour des intellectuels de gauche comme Hemingway, Malraux ou Orwell. Ce dernier devra, d’ailleurs, se réfugier en France pour fuir les staliniens qui ne lui voulaient pas que du bien. Il saura s’en souvenir dans 1984.

Pour mémoire, et s’il est indéniable qu’il y eut des massacres de part et d’autre, la Terreur rouge, en plus des destructions de monuments et mobiliers religieux, s’est rendue responsable de l’exécution de quelques milliers de membres du clergé catholique. Conséquence : « Sans aucun doute cet holocauste des origines de la guerre civile n’a pu que forcer le ralliement complet de l’Église au soulèvement militaire », explique l’historien Guy Hermet.

Podemos est connu pour son anticléricalisme virulent et sa nouvelle charge l’atteste. Seulement voilà, en déposant une proposition de loi visant à interdire le programme télévisé « El día del Señor » (« Le Jour du Seigneur »), ce parti a rencontré une résistance farouche dans un pays qui ne compte pas moins de 70 % de catholiques. Résultat : « Le taux d’audience a dépassé les 21 %, contre 7 % habituellement, a précisé un porte-parole de TVE. »

Comme argument quelque peu fallacieux, le leader de Podemos, Pablo Iglesias – le mal nommé ! –, a publié sur son « compte Twitter un enregistrement vidéo de l’évêque de Alcalá de Henares (35 km à l’est de Madrid) dénonçant ceux qui, doutant de leur orientation sexuelle, se prostituent ou vont dans des clubs de rencontres pour hommes. Je vous assure qu’ils iront en enfer. »

Quelle belle synecdoque, qui fait d’un prélat la partie pour le tout, comme s’il représentait à lui seul l’ensemble des catholiques ! Dans ce cas, Monsieur Iglesias, étant donné vos orientations politiques, permettez-moi de vous accuser de tous les crimes communistes depuis 1917 !

Par contre, on ne peut pas dire que Podemos soit très actif dans la lutte contre l’obscurantisme islamique en Espagne, lequel gagne pourtant du terrain. Je me suis même laissé dire que ce parti faussement progressiste avait qualifié de « génocide » la prise de Grenade en 1492 – qui marquait la fin de la Reconquista –, exigeant dans la foulée que l’Espagne s’en excuse officiellement. Et des excuses pour la présence hégémonique musulmane pendant des siècles sur une terre qui ne lui appartenait pas, c’est pour quand ?

Qu’en est-il, de cet anticléricalisme anachronique quand il s’agit du projet de mosquée monumentale – qui deviendrait la troisième plus grande au monde – dans les anciennes arènes de Barcelone, et financé par le Qatar ?

Il faut admettre que tout ça n’est pas très catholique !

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