Editoriaux - Politique - 30 octobre 2018

Message subliminal de l’Élysée : « Oui je vote »

La campagne gouvernementale pour les élections européennes s’intitule sobrement : « Oui je vote ». Lu à l’envers : « Je vote oui ». Message subliminal ! Oui, oui, oui… Ah, c’qu’on est bien avec cette Europe-là ! La com’ de l’Élysée n’est pas mécontente de la formule. Ah oui, je vote oui… Encore ! On en redemande !

Alors qu’en guise de clip chacun s’attendait au dessin animé Oui-Oui vote aux européennes, les communicants ont préféré opter pour une formule administrative qui voit le spot de pub virer à la gaîté d’une « feuille de Sécu ». Dans ce fatras d’énumérations, de définitions et de conditions de ceci et cela, quelques internautes ont cru déceler quelques menues inexactitudes. Au rayon « Conditions pour voter », la mention « être français » est erronée. Zut.

Complètement révoltée, une chercheuse de Louvain, nommée Sandrine Roginsky, tweete : « Le site du @gouvernementFR pour les élections européennes est honteux ! Ne savez-vous pas que les http://xn--rsident-bya.esrésident.es européen.nes en France ont aussi le droit de vote??? Sérieusement! Quelle honte ! »

Où va se nicher la honte ! Les raisons de la colère échappent à l’Européen moyen. Martinet en main, la gardienne de l’écriture inclusive et du oui généralisé ne supporte pas cette bévue qui pourrait voir un Danois résidant en France ne pas pouvoir aller dire oui. L’horreur est à son comble. Mais ce n’est pas tout. Deuxième boulette : une page du pensum interminable précise qu’entre autres missions, le député représentera la France au Parlement européen. Enfer et damnation. Deuxième colère. La tweeteuse trépigne :

« Dans la série, @gouvernementFR sais-tu que les députés sont regroupés par groupes politiques, et non par pays d’origine ? Donc, non, ils ne représentent pas la France au PE, ils représentent « les peuples des États réunis dans la Communauté. »

Comment l’électeur va-t-il pouvoir voter oui, s’il ne sait pas qu’il nomme un député qui ne représentera pas son pays ? Ah là là là… « Dans son action au quotidien, l’eurodéputé français peut donc voter au nom de ce qu’il jugerait être “l’intérêt” de son pays, mais là n’est pas l’essentiel de sa fonction » (Source : Europe 1). Ah, oui…

Confus, l’Élysée reconnaît des problèmes « d’interprétation sur certaines formulations trop imprécises ». Imprécisions qui s’expliqueraient pas le « travail de vulgarisation » indispensable pour s’adresser aux Français. Qui ne comprennent rien. Oui, l’eurodéputé ne défendra pas forcément vos intérêts… Oui, je vote non. Le message est passé.

À lire aussi

L’ex-ministre italienne comprend le geste du conducteur de bus qui a tenté de brûler vif 51 collégiens

Quelle aurait été la déclaration de cette ex-ministre italienne si le preneur d’otage n’av…