Editoriaux - International - Société - 29 décembre 2018

« Mégenrés » après la mort, une nouvelle forme de violence…

On a découvert une nouvelle horreur qui renvoie les guerres, les épidémies, la faim dans le monde et l’extinction de la galinette cendrée du Bouchonnois au rang de points de détail : l’identité de genre échappe aux actes de décès… La révélation nous vient d’un pays jamais en retard d’une nouveauté sociétale, le Canada de M. Trudeau, puisque là-bas, il n’est déjà plus nécessaire de recourir à une intervention chirurgicale pour changer sa mention de genre dans divers documents administratifs.

Mais, comme on le suspecte depuis un bon moment, les LGBTIQQ ne seront jamais satisfaits. Alors aujourd’hui, les voilà révoltés du fait que leur identité vécue ne soit pas toujours reflétée dans les documents officiels après leur mort.

Parce que ces réactionnaires de médecins, chargés comme partout de constater les décès, conservent la lamentable habitude de classer les de cujus en fonction de leurs organes génitaux et de ne voir dans le cadavre que l’être humain qui a fini son parcours terrestre.

Or, selon Kate Hazell, coordonnatrice d’une organisation de défense de la communauté à Toronto, cela constitue « une forme de violence ». « C’est l’ultime insulte », renchérit un transgenre local dans la trentaine. « Ça les efface sans que leur voix soit là pour dire : “Vous avez fait une erreur”. »

Pulvérisé, le « Ceci n’est pas une pipe » de Magritte, nous voici de plain-pied dans la quatrième dimension du néo-surréalisme, comme dans l’hilarante séquence d’« Arrêt sur images » en juin dernier dans laquelle on voit, aux cotés d’un Iroquois qui par bonheur a laissé son tomahawk au maquillage, un barbu déclarer avec le plus grand sérieux qu’il n’est pas un homme, mais un non-binaire : « Vous me mégenrez, et ce n’est pas très agréable ! » assène-t-il au journaliste qui, comme de bien entendu, fait tout de suite acte de contrition. Séquence culte, d’un comique très supérieur à celui des humoristes des médias d’État.

Comme il semble loin, le temps où le Philippe Bouvard des « Grosses Têtes » posait aux auditeurs de RTL les questions envoyées par « madame Belpaire, de Loches » avant que l’émission ne tombe en quenouille. Au sens initial.

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