Editoriaux - Histoire - 15 juin 2018

Médine, vous avez dit Médine ?

La volonté du dénommé Médine Zaouiche de se produire au Bataclan a suscité la polémique. L’affaire est désormais connue et débattue.

Des esprits étroits estiment que le fait de rapper sur un titre tel que « Jihad » (issu de l’album éponyme sorti en 2005) sur les lieux mêmes où furent immolés à un dieu de malheureux jeunes gens relèverait d’une faute de goût. Jihad au Bataclan.

Cette indécence aux contours à peine croyables n’aura pas lieu, n’en déplaise au très bourgeois-haineux Kassovitz, car le scandale est encore trop grand dans une France pourtant souvent résignée. Le risque de trouble à l’ordre public sera sûrement retenu.

Le titre de l’album de Médine est celui-ci, dans sa version in extenso : Jihad, le plus grand combat est contre soi-même. Les avocats médiatiques de Médine ne manqueront pas de rappeler, dans une argumentation offensée, que le propos du chanteur est donc teinté de soufisme, ceci afin de plonger en léthargie un auditoire sceptique.

Notons quelques points propres à invalider cette thèse qui succombe aux mirages de la taqîya (art de la dissimulation dans l’islam).

Passons sur les propos détonants du rappeur au sujet de la crucifixion des « laïcards », même si l’on peut s’étonner de bon droit devant cette conception du chemin mystique, tant elle rappelle l’idée d’un jihad plus classique, en vogue selon l’exemple du prophète.

On ne lutte pas contre soi-même sabre à la main, de crainte d’avoir l’air c… devant sa glace de salle de bains. Or, l’album Jihad possède un J sous forme de cimeterre.

Curieuse métaphore de la part d’un individu qui se nomme fièrement par son prénom… fait rare dans le monde du rap. Médine… il est vrai que c’est à Médine que furent rédigées les sourates les plus violentes du Coran, les fameuses et fumeuses « abrogeantes ». Celles qui furent les dernières de la révélation coranique, selon une chronologie unanimement reconnue par les spécialistes du sujet comme par Al-Azhar.

Médine, cimeterre, danse sur un cimetière d’enfants martyrisés, belle œuvre mystique que certains grincheux voudraient gâter, œuvre sur fond noir-Daesh en lettres d’or, pour adorateurs de la mort.

Ne cherchez plus de billets, tous se sont vendus comme des petits cercueils.

Une question doit être posée qui dévoile la présence du problème… en amont – comme c’est le cas sur maints sujets de cet acabit depuis des décennies :

Comment se peut-il que l’État ne censure pas la vente d’un album frappé d’une arme en relation avec l’appel à la guerre sainte ?

Comment des produits dérivés (dont des tee-shirts) peuvent-ils être proposés au public ?

Pour rendre une telle abjection possible, il faut convenir du fait que le bon sens est sujet à sidération.

Médine n’a pas tort, dans le fond : ça rentre comme dans du beurre.

(Si des teutons arborant sur leur blouson « Mein Kampf » en lettres gothiques et croix gammées scintillantes s’introduisaient au Bataclan pour y jouer du Wagner à la guitare électrique, la réaction serait plus ferme, car l’histoire du nazisme nous est plus enseignée que celle de l’islamisme.)

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