Matteo Salvini face à la démographie italienne

Le gouvernement de Rome, par la voix de Matteo Salvini, a déclaré : « Un pays qui ne fait pas d’enfants est destiné à mourir. Nous avons créé un ministère de la Famille pour travailler sur la fertilité, les crèches, sur un système fiscal qui prenne en compte les familles nombreuses. À la fin de ce mandat, le gouvernement sera évalué sur le nombre de nouveau-nés plus que sur la dette publique. »

Cette politique repose l’éternelle question historique : à qui appartient le sol ? L’histoire n’a toujours donné qu’une seule réponse : aux vivants. Le sol n’est pas confié aux morts sur les tombes desquels on vient pieusement se recueillir dans les cimetières, mais aux vivants. C’est, pour les Européens, la leçon du Kosovo, cette province à laquelle tenaient les Serbes comme un symbole historique. À force de laisser s’y installer des Albanais, la population serbe n’a plus compté que… 10 % du total. Il est donc arrivé ce qui devait arriver un jour ou l’autre : les 90 % d’Albanais vivant sur place ont réclamé de s’affranchir de la souveraineté serbe. Idéalement, ils auraient préféré se rattacher à l’Albanie voisine, mais l’Union européenne, pour maquiller le phénomène, a imposé l’idée d’un État indépendant affublé d’un drapeau fantaisiste : il n’empêche qu’à l’annonce de leur victoire, les Albanais répandus dans les rues kosovares n’ont pas songé à brandir ce drapeau eurocratique, mais bel et bien l’aigle noir albanais. Qu’adviendra-t-il à partir de cela ? Désormais, c’est à l’Histoire de suivre son cours.

Inversement, lorsqu’une nation s’empare d’un lieu étranger et prétend s’y maintenir pour toujours, elle se préoccupe d’en chasser les habitants : c’est ce qu’ont fait les Turcs à Constantinople en 1453 – contrairement à ce que prétend la fin du film turc Fetih 1453, qui a bien retenu les leçons hollywoodiennes de propagande cinématographique –, quitte à les faire revenir plus tard, mais comme étrangers.

Nous vivons aujourd’hui un phénomène migratoire d’une ampleur jamais vue auparavant. Rappelons-nous qu’au Ve siècle, les Francs envahisseurs qui se sont emparés de la Gaule romaine n’ont jamais compté plus de 5 % de la population totale ; le phénomène actuel, auquel nous assistons impuissants, a largement dépassé cette barre, en quelques années seulement – il suffit de comparer les prises de vue dans les films tournés à Paris sous les années 70 et la première moitié des années 80 pour faire la différence avec le paysage démographique contemporain.

Tout cela hante l’esprit de ce gouvernement qui, en Italie, devant la déferlante migratoire, cherche une issue de secours : à ses yeux, une chose est d’habiter l’Italie, autre chose est d’être un Italien. Il est vrai également que, jadis, la France et l’Italie étaient assez sûres d’elles-mêmes pour faire de n’importe qui, d’où qu’il vienne, un Français et un Italien. La question se pose de savoir si cela est toujours vrai aujourd’hui, dans le contexte général d’une civilisation européenne en crise.

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