Armées - Editoriaux - Histoire - Sport - 19 février 2018

Martin Fourcade : un héros du sport tellement français !

Le gamin que j’étais en 1968, et qui n’a jamais dépassé le stade du planter de bâton, était scotché devant la télé en noir et blanc des parents à regarder les exploits de Jean-Claude Killy aux Jeux olympiques d’hiver de Grenoble. Trois médailles d’or : slalom géant, descente et slalom. La France gaullienne perçait des autoroutes, bétonnait les banlieues, faisait exploser sa bombe et, en plus, gagnait des médailles. Bref, tout nous souriait. Une jeunesse, moins disciplinée que nos athlètes, s’adonnera, le printemps venu, à un sport de rue qui remettra en cause ce bel ordonnancement…

Mais foin de nostalgie ! Un demi-siècle plus tard, la France reste une terre de héros du sport. Pas ceux que l’on s’offre à coups de millions d’euros sur le marché mondial comme on achète des bébés lorsqu’on en a les moyens. Leurs noms envahissent quotidiennement les magazines « pipeul », parfois pour des histoires moins reluisantes que les médailles qu’on exhibe les soirs de victoire. Non, je veux parler de ces athlètes qui sont nés, ont grandi chez nous et dont on n’entend jamais parler, une fois que les projecteurs du stade se sont éteints. Le biathlète Martin Fourcade est de ceux-là. Quadruple champion olympique : un record !

Dimanche 18 février, Fourcade a en effet remporté la mass start. Imaginez l’épreuve : départ en ligne de trente skieurs. Des bêtes de concours. Cinq boucles de trois kilomètres. Durant la course, quatre tirs à la carabine 22 long rifle, deux en position couchée, deux en position debout. Fastoche ? Eh bien, faites cinq fois le tour de votre pâté de maisons au pas de charge en portant votre panier à commission, puis essayez d’entrer la clé dans la serrure de la maison, sans trembler, du premier coup, et vous verrez ! Ça doit être un peu ça, le biathlon. En plus dur, sans doute. À l’arrivée de cette course gagnée à un poil de mammouth devant l’Allemand Schempp – 14 centimètres les séparent -, et après un suspense haletant, Martin Fourcade a eu le commentaire modeste des grands champions : « Ç’a été tellement dur ! » Il s’en est donc fallu de peu, il est vrai, mais c’est comme aux élections : il n’y a que la victoire qui compte, au final !

Le palmarès de ce jeune homme de bientôt trente ans, né dans les Pyrénées-Orientales, force le respect. Quatre médailles d’or olympiques : deux médailles à Sotchi en 2014, deux médailles à Pyeongchang en 2018. Mais ça, c’est le haut de l’iceberg, en quelque sorte, car à ces titres olympiques, il faut ajouter une multitude d’autres : onze fois champion du monde en individuel, quadruple médaillé d’argent en individuel, double médaillé de bronze en individuel, 63 victoires en coupe du monde… N’en jetez plus, la coupe est pleine. Son rêve d’or et de neige, pour reprendre le titre du bouquin qu’il a publié en 2017, est pleinement comblé.

En novembre 2017, le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, remettait au sergent Fourcade ses galons de sous-lieutenant. Car, si Jean-Claude Killy, son grand ancien, concourait à l’époque sous contrat du corps des douanes, notre Martin est sous contrat dans l’armée de terre et porte fièrement la tarte des troupes de montagne. Un sous-lieutenant, dans une tenue impeccable, qui arbore déjà un « placard » prestigieux : Légion d’honneur, ordre national du Mérite, médaille des Sports. La Légion d’honneur aux sportifs, diront les grincheux ? Je me répète : faites cinq fois le tour de votre pâté de maisons et on en recause… Et ils ne sont pas si nombreux, ceux qui font retentir « La Marseillaise » à l’autre bout du monde.

Alors, bravo et respect, mon lieutenant !

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