Editoriaux - Justice - Presse - Table - 9 septembre 2013

Marseille : le silence complice des élites et de la presse

Voilà trois semaines, au lendemain des faits, j’adressais à la presse locale un récit des événements tels qu’ils s’étaient déroulés dans l’hôpital Nord de Marseille, événements qui avaient conduit à l’agression d’un infirmier. J’avais recueilli ces informations auprès d’un témoin direct mais terrorisé et ne voulant pas, de ce fait, témoigner à la police. Ce témoignage avait été ignoré par les journaux, sans doute parce que Valls était présent et qu’il ne fallait pas gâcher la fête ni infirmer ses propos lénifiants. Le ministre de l’Intérieur déclarait en effet ce jour-là : « 17 crimes seulement à Marseille depuis le début de l’année

Voici ce que j’écrivais.

Un infirmier vient encore d’être victime, hier, à Marseille, de la « Valls hésitation » du tandem police-justice du gouvernement Hollande en matière de sécurité.

Cette attaque s’ajoute à une longue série :

– tentative de règlement de comptes par arme à feu vendredi 9 août vers
2 h 30 du matin par un individu d’une trentaine d’années, « connu des services de police », venu d’un « quartier sensible ».

– lundi 12 août, un individu lui aussi « connu des services de police » a été admis à l’hôpital Nord après avoir reçu 6 balles de gros calibre. Les équipes l’ont sauvé, Mais peu après, un véritable gang investit les lieux, avertissant le rescapé des velléités de la bande adverse de terminer le travail, c’est-à-dire de le liquider.

L’homme alors menace le personnel hospitalier afin de faire boucler les accès. Face au refus pour cause d’impossibilité technique, le commando réitère la menace en exigeant a minima la fermeture de la chambre. Cette fois, la police, appelée, a pu maîtriser le « patient » et lui passer les menottes.

La presse a été tenue à l’écart, ou n’a pas souhaité relayer l’information.

Mais le même drame, ou à peu près, s’est répété le 19 août. Un premier « patient » ayant été soigné, d’autres sont arrivés dans la nuit et sont repartis furieux (de quoi ?) non sans avoir, cette fois, poignardé un infirmier, heureusement seulement légèrement blessé.

Si l’on veut la tolérance zéro, seule efficace en l’espèce, il faut cesser d’occulter la violence quotidienne qui soumet nos soignants, gardiens, professeurs, postiers, policiers, pompiers à la peur et au danger. Il faut prendre des mesures judiciaires immédiates contre les coupables au lieu de vider les prisons.

Écrit à l’Estaque le 20 août, où l’on ne parle que du conducteur trouvé la veille à 22 heures, criblé de balles… Au moins un règlement de comptes qui aura épargné le personnel de l’hôpital Nord.

On se console de peu dans la France Orange Mécanique.

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