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Marlène Schiappa, « François Pignon » du gouvernement ?

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Marlène Schiappa, vous connaissez ? C’est notre nouveau secrétaire d’État chargé de l’« Égalité entre les femmes et les hommes » dans le premier gouvernement Macron.

Un conseil : suivez-la, car à moins qu’elle ne soit écartée lors du remaniement post-législatives, cette dame pourrait bien être le « François Pignon » du gouvernement. La gaffeuse de service, celle qui tweete des âneries plus vite que Donald Trump.

Fille de Jean-Marc Schiappa, président de l’Institut de recherches et d’études de la libre-pensée, elle dit avoir rompu avec les positions par trop « laïcardes » de son père et du mouvement qu’il préside ; dit aussi ne plus partager les positions trop à gauche de son père. Sa spécialité à elle, c’est le féminisme.

Blogueuse à l’origine, puis fondatrice et présidente du réseau Maman travaille, cette jeune femme de 34 ans est agréée « grande spécialiste des questions d’égalité femmes-hommes » (à ce propos, on est désormais tenu d’inverser les termes de la proposition, car parler d’égalité hommes-femmes comme on le faisait jusqu’ici vous range ipso facto dans le camp des machos ou des femmes soumises). Bref, tous les ouvrages, essais ou fictions que Marlène Schiappa a publiés jusqu’ici y sont consacrés.

En trois semaines d’exercice, cette femme au tempérament méditerranéen a fait plus parler d’elle que n’importe quel ministre (à l’exception de Ferrand). Elle est, comment dire… « nature ». C’est ainsi qu’elle recensait avec beaucoup de naturel, dans un livre paru en 2011, les 10 conseils pour se faire prescrire un arrêt de travail pathologique après une maternité. Valeurs actuelles ayant dénoncé là une recette pour arnaquer la Sécu, « l’écrivaine » assure que son livre était une charge humoristique.

Tout comme Cyril Hanouna fait de l’humour lui aussi, avec légèreté. Ses 80 kilos de suffisance vulgaire ayant une nouvelle fois défrayé la chronique avec son « canular homophobe », Marlène Schiappa l’a convoqué au ministère pour lui faire la leçon. Et l’a trouvé très à l’écoute : « On a eu un dialogue de qualité », assure-t-elle. « Je lui ai surtout dit que ce qu’il faisait dans le cadre de son émission était reproduit par certains de ses téléspectateurs et pouvait leur servir d’excuse. Que si lui prend la main d’une femme et la met sur son entrejambe, un patron dans son entreprise peut prendre la main de son employée, la mettre sur son entrejambe et dire “Arrête, c’est drôle, je l’ai vu à la télévision”. »

Du coup, notre frais émoulu secrétaire d’État a fait une proposition géniale pour l’émission « Touche pas à mon poste » : un buzzer « serait activé à chaque fois qu’un propos déplacé, sexiste, homophobe ou misogyne serait prononcé durant l’émission ». Avec une tirelire, peut-être, histoire de pouvoir se payer un gueuleton au Fouquet’s après l’émission la plus trash ?

À la veille de la Pentecôte, sans doute victime d’un égarement de l’Esprit saint (à moins qu’elle ne se soit disputée avec son époux qui voulait regarder Elisabeth Quin sur Arte et elle Hanouna sur C8), Marlène Schiappa a tweeté cette formule qui mérite d’entrer dans les livres d’histoire : « L’empowerment des femmes n’ira pas sans le dispowerment des hommes. »

Pas très moderne, comme concept. Très daté, même, de l’âge du féminisme castrateur des années 70 où ces dames voulaient émasculer tous les bonshommes. Et il faut dire que, dans la tête au moins, elles y sont souvent parvenues…

Sur le site Contrepoints, Éric Verhaeghe écrit : « Au fil de cette parole désordonnée et libératrice (pour sa conscience, surtout), c’est un portrait en creux de l’idéologie macronienne qu’on pourrait voir. Et c’est pourquoi il ne faut surtout pas censurer Marlène Schiappa. Au contraire, il faut la faire parler : chacun de ses aphorismes est une bénédiction qui jette un nouveau cru dans la lumière jupitérienne dont nous sommes sommés de nous abreuver désormais. […] Marlène n’invente rien. Elle répète sur un ton péremptoire les bons mots et les paroles mielleuses qui prolifèrent dans les dîners de bobos parisiens. »

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