Marks & Spencer vend des hidjabs pour fillettes : tolérance ou inconscience ?

Une chose étonnait les petits Français qui, dans les années 70-80, découvraient l’Angleterre grâce aux échanges linguistiques. Très soucieux du qu’en-dira-t-on, ils découvraient un pays où, comme on disait alors, « tu peux te promener avec un pot de chambre sur la tête, personne ne se retournera sur toi ».

La Grande-Bretagne a, en effet, un flegme légendaire qui confine à l’indifférence pour toute particularité. Mieux : elle cultive l’originalité comme une qualité et comme le signe d’une vision aristocratique de l’existence où la liberté est la première des valeurs.

Gustave Le Bon, grand observateur du phénomène colonial, note que si les Français ont tant de problèmes avec leurs colonies, c’est parce qu’ils tiennent à imposer aux locaux leur mode de vie et leurs fameux droits de l’homme, « seul article d’exportation sérieux – avec les fonctionnaires », écrit-il. Au contraire, le Britannique chargé d’administrer un territoire en Inde, note-t-il, se comportera exactement comme en Angleterre et dînera seul, s’il le faut, en habit avec des candélabres et de la vaisselle en argent, mais il fermera les yeux sur toutes les coutumes locales les plus choquantes pour un Occidental .

Quoi d’étonnant, dès lors, à ce que Marks & Spencer, le magasin populaire plus que centenaire installé partout en Grande-Bretagne, ait dans ses rayons des hidjabs pour petites filles imposés par les écoles coraniques qui se multiplient ?

La loi anglaise n’interdit pas la burqa. Ce n’est donc pas du Parlement que viendra une interdiction en réaction à ce constat. Les protestations les plus violentes ne viennent d’ailleurs pas des anglicans mais d’anciens djihadistes comme Maajid Nawaz, fondateur de Quilliam, un think tank de lutte contre l’islamisme. Le magasin a « le droit de choisir le profit plutôt que les valeurs », a-t-il protesté, mais il est du sien de « les couvrir de honte » pour imposer ce « médiévalisme ».

Marks & Spencer, en effet, ne se sent pas en charge de la défense de la civilisation occidentale face à l’islam conquérant. Il est attaché à la loi première du commerce qui est de répondre par une offre à toute demande.

Il propose aussi, du reste, des vêtements pour les enfants handicapés qui rendent plus faciles habillage et déshabillage, tout en leur donnant le plaisir d’être à la mode. Les grands et gros, sur le sol français, où la plupart des boutiques de vêtements ne taillant pas au-dessus du 44 leur étaient interdites, ont bien regretté qu’en 2017, le Marks & Spencer des Champs-Élysées ait fermé et que seul M&S Food reste sur notre territoire. Adieu, les chemises de nuit de grand-mère taille montgolfière, les chemisiers où s’épanouissaient les poitrines généreuses, les pantalons pour hommes version fort des halles.

Enfin, à l’étranger. Car Londres ne renoncera pas plus à Marks & Spencer qu’elle n’a mis au rancart ses bus rouges à impériale ou les perruques poudrées de ses magistrats. Et si tout cela est, un jour, remplacé par les minarets, les djellabas et les jeeps de l’ordre moral, sans doute les derniers British diront-ils : “Oh, I’ve lost my country” avec le même détachement que Lord Uxbridge à Waterloo constatant sobrement : “Oh, I’ve lost my leg.”

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