Editoriaux - Politique - 12 juin 2018

Marion, ce Macron en jupon ?

« Marion Maréchal, c’est la Macron de la droite. » C’est par cette citation que le JDD entame son « enquête sur ces jeunes LR tentés par un rapprochement avec l’ex-FN », ces militants « ignorant les digues érigées par leurs aînés », dont Erik Tegnér, ancien président des jeunes avec Calmels, est un emblématique représentant.

S’il s’exprime à visage découvert, d’autres, rapporte le JDD qui les a rencontrés lors de la soirée « Débranchons Mai 68 » à laquelle participait Marion Maréchal, préfèrent garder l’anonymat, conscients qu’ils feraient l’objet de « sanctions ». Mais le JDD les décrit « intarissables sur Marion et l’effacement du clivage entre les droites » : « Il faut dire qu’elle est plus sexy que Wauquiez. »

L’analogie entre Macron et Marion – qu’une lettre sépare – a d’ailleurs été faite récemment par Jacques Séguéla lui-même sur CNews : « Marion se rêve en Macron et, après tout, c’est plausible. Elle casse les codes, veut rassembler la droite au-delà des partis, fait parler d’elle sans (trop) parler elle-même. Elle est en sus une femme, qui aurait 32 ans aux prochaines élections », réponse de la bergère au berger renvoyant Emmanuel Macron à sa condition de mâle blanc quadragénaire.

Une telle hypothèse venant d’un faiseur de roi comme Jacques Séguéla a de quoi renforcer, chez Marion Maréchal, les ambitions politiques qu’elle jure ne pas avoir.

Tour à tour spirituelle, sérieuse, humble, réaliste, décidée, charmeuse, sa dernière prestation a été très appréciée. Sylvain Chazot, journaliste de feu « Le Lab Europe 1 » et coauteur de l’enquête du JDD, n’a trouvé qu’à ironiser sur Twitter sur une « punchline préparée », qui est une façon de la complimenter, l’un des reproches récurrents formulés contre ce qui fut son parti étant l’improvisation.

Par ailleurs, « les jeunes militants du FN et de LR se connaissent, se côtoient, lisent les mêmes magazines et se rendent dans les mêmes bars ». Ou, pour le dire à la façon de Geoffroy Lejeune cité par Pascale Tournier dans Le vieux monde est de retour – Enquête sur les nouveaux conservateurs : « Tout le monde pense la même chose mais vote différemment »… pour le moment.

La conscientisation de ce terreau d’idées commun a été permis par La Manif pour tous, inépuisable boîte de Pandore. On s’y est côtoyé en garde en vue, cela crée des liens. Elle se poursuit par ces multiples cercles de conférence ayant poussé comme des champignons à travers la France – les Éveilleurs d’espérance, co-organisateurs de « Débranchons Mai 68″, sont l’un d’entre eux – qui, contournant l’impossible union politique par le sommet, rassemblent par les fondations, la métapolitique.

En choisissant, par la création de son école, cette voie métapolitique, Marion Maréchal entend se situer à cette confluence. Mais le chemin est encore escarpé. D’abord parce que si l’on ne fait pas, comme le dit drôlement Jacques de Guillebon, du Gramsci en le disant, on ne fait pas non plus du Macron en le montrant. Ce qui caractérise celui-ci est l’effet de surprise. Comme on dit au Vatican, qui rentre « papabile » au conclave en sort cardinal.

Ensuite parce qu’elle a, à présent, avec l’ISSEP, le devoir de réussir. L’échec de l’école deviendrait le sien. Des défis sont à relever, notamment celui de l’excellence : comment faire en sorte que l’école ne devienne pas un choix par défaut, que les parents dotés d’une progéniture brillante se laissent tenter par ce cursus sans crainte de voir leur petit stigmatisé dans le monde du travail ?

Enfin, parce que voulant s’inscrire dans le champ des ingénieurs de l’armement (les penseurs) et non plus de ceux qui montent à l’assaut avec le casque lourd (les politiques), elle devra s’y faire adouber par des pairs blanchis sous le harnais, moins faciles à séduire que les jeunes militants. Selon Marianne, Chantal Delsol aurait tenu des propos peu amènes à son endroit : « Je ne la trouve pas très intéressante. Il faudrait d’abord qu’elle fasse des études, elle n’a fait que quelques années de droit. » Marion Maréchal saura-t-elle la faire mentir et donner raison à Séguéla ? L’avenir le dira.

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