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Marion – Macron : d’une jeunesse à l’autre

Ingénieur
 

La valeur n’attend pas le nombre des années : destins croisés de deux jeunes et beaux talents en politique.

« Sommes la jeunesse de Dieu, la jeunesse de la fidélité », déclarait Charette à 32 ans, quelques semaines avant son exécution par le Directoire. « La jeunesse est un état d’esprit », lui répondait en écho MacArthur, sexagénaire.

Les jeunes Marion et Emmanuel font la une cette semaine. Leurs destins semblent se croiser symétriquement. Quant aux idées, sans doute. Mais aussi quant à la méthode, la doctrine d’action.

Marion a été la plus jeune députée de France à 22 ans en 2012. Emmanuel est le plus jeune Président à 39 ans.

Emmanuel est élu dimanche, Marion renonce mardi.

Marion s’est engagée à la demande de son grand-père, dans un mouvement de fidélité familiale. La famille d’Emmanuel est, elle, basée sur l’infidélité de Brigitte.

Marion renonce en partie pour s’occuper de sa fille. Emmanuel n’a pas d’enfant, il est entièrement concentré sur ses objectifs financiers ou politiques.

Marion s’est engagée dans une élection locale ; Macron, lui, s’est engagé dans la présidentielle, mère des batailles.

Marion renonce en partie pour ne pas entrer en conflit avec sa tante. Emmanuel n’a pas hésité à entamer sa marche aux dépens de François, son tuteur en politique.

Marion renonce aussi devant la difficulté de faire valoir loyalement ses idées. Emmanuel, sûr de lui, entre en action.

Emmanuel est un homme pressé. Marion veut se donner du temps.

Marion ne voit pas d’issue favorable aux prochaines législatives autour de ses convictions législatives. Emmanuel rassemble autour de sa personne.

Marion se sent trop jeune. Emmanuel se sent invincible.
Homme fort ? Professionnel ? Pragmatique ? Volontariste ? Machiavélique ?
Femme faible ? Courageuse ? Timorée ? Déserteuse ? Idéaliste ?

Emmanuel triomphe, Marion s’éclipse.

Emmanuel épate ou terrifie la France entière : vouloir, c’est pouvoir.

Marion déçoit ses soutiens, en épate plus d’un et stupéfie les Français. Son message de fond à la France serait-il que la fin ne justifie pas tous les moyens ? Une forme de prime à la famille sur l’engagement, aux idées sur le pouvoir, à la fidélité sur l’efficacité ? Elle s’en est expliquée.

Destins croisés, écrivions-nous. L’avenir les révélera, l’Histoire les jugera. Prochain croisement dans cinq ans ? Qui sait…

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