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Marine Le Pen et la réhabilitation de Robespierre…

 

Lors de sa conférence présidentielle n° 4 sur la citoyenneté, ce lundi 13 mars, Marine Le Pen a démarré son propos avec cette bombe :

« Nous sommes français et nous célébrons Jeanne d’Arc ou Robespierre, les madones des églises ou les soldats de l’an II, les hussards de la République et le peuple de l’ombre de la Résistance. »

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Son mensonge est évident : il n’est pas nécessaire de chercher très longtemps pour trouver un Français un brin instruit et conscient du drame national toujours prégnant qui honnit Maximilien de Robespierre, en raison de ce qu’il incarne dans la conscience d’une partie de notre peuple. Et il ne s’agit pas seulement d’historiens confinés dans l’étude de poussiéreux grimoires, mais de tous ceux qui ne se sont pas contentés de la doxa, l’Histoire rêvée par les VRP de la République sévissant au sein de l’Éducation nationale. Le « Nous » ne peut donc inclure bon nombre de gens qui ne perdraient pas la qualité de Français pour autant.

Maximilien de Robespierre incarne le régicide, le génocide des provinces rétives, l’intolérance anticatholique poussée à son extrême, l’arbitraire judiciaire sanglant et industrialisé, bref, la Terreur. Il est l’un des ingénieurs du premier prototype de totalitarisme mis en chantier dans le monde. L’histoire officielle, celle qui a reçu le nihil obstat et l’imprimatur de la rue de Grenelle, ne s’y trompe pas : elle évite de mettre la figure contestable de Robespierre sur un piédestal dont il serait trop facile de le faire choir. Et, donc, célébrer Robespierre n’est même pas envisageable, parce que c’est indicible, c’est piégeux, diraient les Québecois. Seul un Jean-Luc Mélenchon, menteur patenté et provocateur hors pair à l’instar du géniteur de Marine Le Pen, promeut un révisionnisme qui vise à substituer les sans-culottes aux Gaulois comme ancêtres de notre nation (même si les Celtes pèsent assez peu dans la composition de notre peuple, il faut aussi l’admettre). Robespierre, c’est notre plus grand diviseur commun. Il nous faut seulement l’assumer, comme les Allemands et les Autrichiens assument Hitler ; les Russes et les Géorgiens font de même avec Staline, Mao s’impose aux Chinois, Pol Pot aux Cambodgiens, Pinochet aux Chiliens ; merci de compléter…

Alors, pourquoi Marine Le Pen parle-t-elle de célébrer Jeanne d’Arc ou Robespierre de la même façon, comme si nous étions une nation qui aurait vu ses plaies cicatriser, unie parce que ré-unie ? Il serait inepte d’imaginer qu’elle ignore son Histoire de France, la vraie, avec ses périodes glorieuses comme les plus honteuses. Un mot qui serait mal choisi dans un discours de campagne sur son thème de prédilection est tout aussi improbable. Il y a, certes, l’évolution d’un parti poujadiste vers un parti jacobin, mais ce n’est pas suffisant.

Alors ? La seule explication qui me vient à l’esprit est que Marine Le Pen ne souhaite pas gagner cette élection présidentielle et qu’elle préfère, en catimini, dégoûter cette frange de l’électorat conservateur dont elle aurait besoin pour gagner. D’autres signes existent, comme le retrait des représentants du FN de la conférence de Béziers. Finalement, faire ronronner le fonds de commerce hérité de papa sans prendre de grosses responsabilités, ça n’a que des avantages !

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