Editoriaux - Histoire - Justice - Politique - Table - 17 juillet 2013

Marine Le Pen : vers un nouveau 21 avril 2002 ?

Boum ! C’est le sondage qui fait boum ! Comme le cœur de Charles Trenet dans la chanson éponyme : « Boum ». Boum, donc. D’où ce sondage commandité par BFMTV qui nous donne, pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2017, ce tiercé dans l’ordre : Nicolas Sarkozy 34 %, Marine Le Pen 23 %, François Hollande, 19 %. Derrière, les rogatons. 13 % pour Jean-Luc Mélenchon et moins de 10 % pour tous les autres intermittents du spectacle politique.

Bien sûr, il ne s’agit que de cartomancie, près de quatre ans avant l’échéance fatale. Pourtant… Pourtant, François Hollande, président sortant, est condamné à briguer un second mandat. Marine Le Pen, évidemment, y ira, son parti étant singulièrement mieux tenu que d’autres, que ce soit en termes de finances ou de ligne politique. Finances qui, même modestes, sont tenues à jour et n’ont pas à subir « l’inquisition », pas si méchante que ça par ailleurs, du Conseil constitutionnel : même un temps transformé en sous-marin, le Paquebot est à nouveau à flot… Et ligne politique autant hardie qu’intelligente, la conduisant à mettre en valeur un FN de « droite » au Sud, à destination d’éternels ronchons réactionnaires, et au Nord, son homologue de « gauche », calibré pour répondre aux attentes de malheureux voyant leurs usines fermer au même rythme que leurs bistrots. La France unie, aurait dit François Mitterrand…

Après, Nicolas Sarkozy se jettera-t-il dans la fosse aux gladiateurs ? Rien n’est moins sûr. Tant de casseroles aux fesses : dont celle de Bernard Tapie, en attendant l’affaire Karachi, même si celle concernant Liliane Bettencourt paraît avoir baissé d’intensité ces temps derniers… Bref, du suspense pour un candidat momentanément suspendu à de possibles embrouilles judiciaires à venir, inéluctablement. Comptons sur François Copé et Jean-François Fillon pour lui faire la courte échelle, juste histoire de le faire retomber dans la bauge…

L’ancien squatteur de l’Élysée assurait jadis penser au mandat suprême, chaque matin, chaque fois qu’il se rasait. Avec son actuelle barbe de quatre jours, il doit y songer moins souvent, Carla devant y veiller. De Danielle en Pierrette, de Ségolène en Bernadette, de Valérie en Marie-Antoinette, on ne stigmatisera jamais assez le rôle ambigu qu’ont pu avoir les nénettes dans l’Histoire de France…

Ainsi, l’hypothèse d’un Nicolas Sarkozy en 2017 n’est rien d’autre qu’hypothétique, eu égard à la « justice de notre pays » en laquelle nous mettons évidemment « toute confiance ».

Ensuite, laissons la parole à la principale intéressée qui, dans Libération, le 7 juillet dernier, nous dit : « Un mouvement politique ne meurt pas du manque d’argent. Il meurt du manque d’idées et c’est le cas de l’UMP. Elle est en train de mourir de sa proximité idéologique avec le PS. » Il est un fait avéré que ce n’est pas le surcroît d’idées qui risque de mettre ces galopins en faillite, leurs comptables s’étant déjà chargés de la besogne…

Surtout, ne pas vendre la peau de l’ours un peu trop tôt. Pourtant, une telle configuration ouvre des perspectives d’avenir. Jeanne et Marianne sont de fort jolis prénoms. Mais Marine, ce n’est pas si mal non plus.

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