Marine Le Pen en piñata : pas vraiment de quoi en rire…

C’est le dernier chef-d’œuvre des rappeurs Médine et Booba. Ça s’appelle « Kyll ». Paraît-il en hommage au footballeur Kylian Mbappé.

Pourquoi pas.

Sauf que « kyll », ça sonne à l’oreille comme kill, qui veut dire tuer. D’ailleurs, les paroles commencent comme ça :

« Je les aime tous, aucun ne m’aime, du coup j’veux tous les tuer
Les autres sont partis à la mer, moi, j’ai bibi tout l’été
Mama, piétine-moi, le paradis est sous tes pieds
Tu parleras couramment chinois quand j’vais t’menotter sous l’évier
Y avait des mères à niquer, vous auriez dû m’appeler »
, etc.

Plus loin, dans ce riche poème aux rimes riches dont, je l’avoue, la moitié au moins du sens échappe à mes pauvres neurones, ces deux-là nous disent : « Pour le birthday de ma niña, j’commande Marine en piñata. ».

Dont acte. On découvre en effet dans le clip, autre chef-d’œuvre du septième art tourné en Algérie, une piñata à l’effigie de Marine Le Pen que Médine fait mine de frapper avec une batte avant que des enfants ne s’acharnent dessus à coups de bâton, puis allument des feux de Bengale brandis dans sa direction.

Faut-il y voir une préfiguration de l’embrasement de cette France honnie dont Marine Le Pen est le symbole ?

Le site Mouv’ trouve ça rigolo : « Nous on trouve ça plutôt drôle et c’est pas bien méchant. » Et souligne : « À ce jour (9 janvier), le clip de Kyll cumule plus de 1.800.000 vues, et finalement cette petite piñata est un joli coup de buzz en espérant que la polémique ne mette pas de côté l’aspect musical… »

J’avoue que, personnellement, le côté musical m’avait échappé… mais je le confesse, j’ai en ce domaine des goûts assez éloignés du rap et du hip-hop.

Faisant allusion à la mise en examen de plusieurs gilets jaunes, fin décembre, pour avoir symboliquement décapité une effigie d’Emmanuel Macron, le porte-parole du Rassemblement national a souligné que le « happening » artistique de Médine et Booba n’avait, cette fois, suscité aucune réaction des pleureuses professionnelles ». Et Marine Le Pen de renchérir sur Twitter : « Contre ça, nous, on ne pleurniche pas. On se bat avec nos armes : nos convictions et notre amour de la France. »

Cette histoire minable n’appelle, à mon avis, qu’un commentaire. Un souhait, plutôt : j’espère qu’elle va donner à réfléchir à un certain Jean-Marie Le Pen, qui trouve anodin qu’on tabasse un flic à terre et se permet, comme Mouv’, de trouver ça « pas bien méchant » !

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