Macron à Bercy : Ô rage ! Ô désespoir ! Ô finance ennemie !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

« Avec Emmanuel Macron, l’Élysée décroche le poupon », écrivait Libération en septembre 2012. Deux ans plus tard, le quotidien moribond dénonce « la Macron économie » et fustige le passé de celui qu’il nommait hier « le Julien Sorel de la haute finance ». C’est qu’avant d’entrer en religion élyséenne, Macron a travaillé quatre ans à la Banque Rothschild. Un scandale propre à faire se pâmer toutes les chaisières de la gauche morale, celles de Libé en tête, qui oublient que c’est un Rothschild, justement, qui depuis 2005 paie leurs salaires…

Macron, donc, notre nouveau ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique. Les enkystés du socialisme paléolithique, les pseudo-anars qui n’ont jamais lu ni Reclus, ni Kropotkine, ni Bakounine – ces adversaires obstinés du tout-État –, en ont d’épouvantables vapeurs. Les plus teigneux, ceux qui implorent chaque matin le retour du Hollande en campagne claironnant « Mon ennemi, c’est la finance ! », en bouffent leur short et leurs sandales.

Emmanuel Macron est un premier de la classe. Manifestement une tête. Belle gueule, belle réussite passée par l’école des jésuites, le lycée Henri-IV, Normale Sup et l’ENA. Avant d’embrasser la finance, il s’est solidement frotté à la philosophie, a été l’assistant de Paul Ricœur, un penseur pas vraiment classé à droite… Macron n’est pas un socialiste d’opportunisme. Il n’a pas, comme d’autres, joué son engagement à pile ou face à la sortie de l’ENA. Il milite au PS depuis l’âge de 24 ans, preuve que nul n’est parfait. Mais chez les dissidents de la majorité, on préfère les leaders qui ont grimpé par l’UNEF et les manifs, les Désir ou les Julliard, diplômés en communication option affiches et banderoles et passés directement des bancs de la fac aux instances dirigeantes du PS, puis au gouvernement.

En 2007, Macron a été approché par la Sarkozie qui a tenté de le recruter. Il a dit non merci. Puis en 2011 par l’équipe Strauss-Kahn. Il n’aimait pas le bonhomme. À l’Élysée où il atterrit en 2012, il se frite avec Aquilino Morelle, l’homme qui se fait cirer les pompes au bureau et veut taxer les riche à 75 %. Ce qui fera dire à Macron « C’est Cuba sans le soleil ! » Depuis, Morelle – « l’hémisphère gauche » du Président – a été viré. Suspecté d’accointances avec certain laboratoire pharmaceutique du temps où il pilotait l’IGAS, l’ancien patron du pôle communication de l’Élysée a néanmoins rejoint son corps d’origine : l’IGAS… Les syndicats lui font grise mine, alors en attendant les résultats d’une enquête qui tarde à aboutir, il est en « congé spécial ». Depuis six mois.

Ce mercredi, Le Monde titrait : « Emmanuel Macron, l’ancien hémisphère droit de l’Élysée. » La realpolitik n’a pas encore pénétré les neurones des rédacteurs du « journal du soir » qui continuent de penser en mode binaire. Et qui oublient aussi que c’est un trio de milliardaires – les Niel-Bergé-Pigasse – qui paie leurs salaires.

Enfin, on reproche à Emmanuel Macron son épouse, de 20 ans son aînée. La compagne de Moscovici a 30 ans de moins que lui. Ça plaît à tout le monde.

Bref, les cocos, les écolos, le PS et le FN sont au bord de l’apoplexie.
« Ô rage ! Ô désespoir ! Ô finance ennemie !
N’ont-ils donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne sont-ils blanchis dans les partis guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? »

Alors, « mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ? », comme disait Corneille. Voilà un sujet de méditation pour la gauche dissidente et sa petite sœur l’extrême droite mélenchoniste…

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