L’État se porte « caution » mais multiplie les impayés !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Grande nouvelle ce lundi matin pour les étudiants : la « caution locative garantie par l’État se généralise ». Ouverte désormais à tous, quelle que soit la nationalité et à la seule condition d’être âgé de moins de 28 ans, elle s’appliquera sans conditions de ressources. C’est, nous dit-on, « un coup de pouce pour les étudiants en galère de logement : ils pourront compter sur l’État pour se porter garant ».

Bravo ! On applaudit des deux mains et des deux pieds. Reste une question d’importance : en cas de défaillance du locataire, les propriétaires pourront-ils eux aussi compter sur l’État ? Rien de moins sûr car l’État, qui a toujours été mauvais payeur, multiplie aujourd’hui les impayés jusqu’à mettre les entreprises avec lesquelles il commerce sur la paille.

On a ainsi pu entendre, fin août, l’appel désespéré d’un fournisseur de l’armée, l’entreprise Cuivre et Bois, qui, ayant fourni 400 instruments pour les diverses musiques militaires, se retrouve criblé de dettes et assigné devant le tribunal lillois par ses créanciers. L’État lui doit plus de 240.000 euros. L’entreprise va sans doute mettre la clé sous la porte comme, c’est à craindre, les quelque 3.600 PME qui sont aujourd’hui dans son cas à cause d’un ministère de la Défense complètement exsangue.

Mais il y a plus croquignolet encore, si l’on ose dire : depuis quelques semaines, les agents de Veolia se présentent aux portes des commissariats pour couper l’arrivée d’eau.

Motif : les factures impayées. Le secrétariat général pour l’administration de la préfecture de police est à sec. Pour l’instant, cela touche surtout les commissariats de l’agglomération parisienne, mais la sécheresse pourrait s’étendre. Un gradé de Seine-Saint-Denis a trouvé la parade. Comme le rapportait Le Point, il a envoyé une note à ses agents sur la marche à suivre : « Dans ce cas, il faut prendre l’avis de coupure d’eau mais interdire à l’employé de Veolia de couper le compteur. » Car la préfecture est formelle : « Il est impossible de couper l’eau dans un commissariat. Nous devons assurer les missions de première catégorie, comme l’accueil des gardés à vue. »

Dans les palais de justice où l’on court aussi après l’argent, on « privatise » maintenant les locaux ou on se passe de chauffage. Côté police, le patron du syndicat Alliance confiait au Point qu’il n’y aurait bientôt plus d’essence à mettre dans les véhicules. Les détrousseurs pourront s’en donner à cœur joie pendant les fêtes de fin d’année : il n’y aura personne pour leur filer le train.

Du coup, on se demande sur quel budget (ministère de l’Intérieur ?) on a affrété, mercredi dernier, un avion aux couleurs de la République française pour aller récupérer au fond de la Turquie Mériam Rhaiem et sa fillette, enlevée par son ex-mari parti faire le djihad en Syrie ! Mère et fille qui ont été accueillies par le ministre en personne comme des otages de retour de captivité. À quel titre tout ce barnum ? Faudrait-il comprendre que la récupération des abruti(e)s enrôlés comme apprentis terroristes se fait aussi à nos frais ?

Marie Delarue
Ecrivain, musicienne, plasticienne
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