Gay Pride ou terrorisme sociétal ?

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

Samedi était, de par le monde, jour de « la fierté homosexuelle ». En attendant, sans doute, qu’on nous contraigne à défiler pancarte au cou pour expier « la honte hétérosexuelle ».

Parce qu’il était certainement très fier de sa condition, un chocolatier de l’avenue du Général-Leclerc, dans le XIVe arrondissement de Paris, avait troqué ses truffes contre trois petits panneaux avec affichettes : « Les droits LGBT sont les droits de l’homme », « Et si votre amour était interdit », et « Gay is OK ».

Ah ah ! Ça, c’est pensé ou je ne m’y connais point ! me dis-je in petto. En fait, c’est plutôt comme les chocolats du monsieur par 35° à l’ombre : une bouillie informe, du gloubi-boulga indigeste, en apparence du prémâché neuneu qui se prend pour de la philosophie.

Mais au fond, pour parler plus sérieusement, c’est du « terrorisme sociétal ». Un chantage sans fin prétendant, revendication après revendication, imposer la substitution du « droit à » au « pouvoir faire ». Concrètement, user et abuser de la loi pour contraindre ce que la nature, dans son obstination, a rendu impossible.

Le mariage des homosexuels étant désormais acquis, la revendication de cette Gay Pride 2015 était en effet « la PMA pour toutes les femmes ». En attendant, évidemment, la GPA pour tous les hommes, au nom, là encore, d’une incontestable égalité des droits. Car à quel titre pourrait-on refuser demain à ceux-là ce qu’on accorde aujourd’hui à celles-ci ? S’il faut, demain, demander aux médecins de fourrer un enfant dans tous les ventres qui l’exigent, on sera bien obligé de fournir aussi un utérus à ceux qui n’en ont pas.

Pour répondre au chocolatier qui vit à Paris, en France, gay is chez nous OK et personne n’interdit « l’amour ». Devant ou derrière les portes, et désormais devant ou derrière Monsieur le Maire, tout le monde s’en fout. Les droits de l’homme ET DU CITOYEN, lesquels sont aussi bien ceux des hommes que des femmes, que les droits de ceux qui ne savent pas choisir ou vont de l’un à l’autre, sont ici une vertu cardinale. En revanche, je ne sais pas ce que sont « les droits des LGBT ». Les LGBT sont-ils une communauté aux signes distinctifs ? Si oui, celle-ci est-elle hors du droit commun, et notamment hors des lois Gayssot, Pleven et Compagnie qui interdisent tout traitement particulier – donc discriminatoire – en fonction de la couleur, de la religion ou de l’orientation sexuelle ?

Le monde avance, nous dit-on, sauf les Turcs, sans doute, qui ont arrosé la Gay Pride d’Istanbul à la lance à incendie. Ainsi les États-Unis viennent-ils de légaliser le mariage homosexuel sur tout le territoire, et la presse ce matin ne tarit pas d’éloges, se pâmant devant la Maison-Blanche parée des couleurs du drapeau arc-en-ciel. « Une chorale gay de Washington a entonné un nouvel hymne national sur sa liberté de se marier. Barack Obama s’est immédiatement réjoui sur Twitter de cette “grande étape dans notre marche vers l’égalité”, lançant le hashtag “LoveWins” (“L’amour est gagnant”) », écrit Libération au bord de l’orgasme.

Une remarque en passant : c’est quoi, une « chorale gay » ? Je connais des chanteurs ténors ou basses, contre-ténors ou même sopranistes quelquefois, plutôt baroqueux ou plutôt lyriques. Certains sont homosexuels, en font état ou non. Toutefois, « gay » n’est pas (encore !) une discipline enseignée dans les conservatoires !

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