Gauche irréconciliable : Mélenchon l’assure, il ne cédera pas aux « bisous » !

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

CETA, pas CETA… Nul ne sait, pour l’instant, si l’accord commercial entre l’Europe et le Canada verra le jour, mais il aura au moins permis à deux candidats putatifs à la présidentielle de se rencontrer : messieurs Jadot Yannick et Mélenchon Jean-Luc, respectivement Vert tendance et rouge tendance vert.

Députés européens, tous deux se sont croisés lors de la conférence de presse annonçant le possible revirement de la Belgique, jusqu’ici farouchement opposée au CETA. Une aubaine. En effet, Jadot fait triste mine : il aurait laissé, la semaine passée, « un message sur le répondeur » de Mélenchon. Qui ne l’a pas écouté. Trop ringard, le répondeur. Le président de la France insoumise vit à l’ère des hologrammes, alors, imaginez… un répondeur ! À quoi pense-t-il, ce Jadot ?

Furieux, le Mélenchon.

C’est lui qui a démarré le premier, peaufiné son look et sa campagne ; a rangé sous son lit ses costards et ses cravates, les a troqués contre une veste de charpentier en coutil bleu marine pour s’approcher du peuple ; lui qui a potassé le manuel du parfait jardinier, qui s’est acheté avant tous les autres le modèle R2D2 spécial présidentielles et la première machine à coucou pour se dédoubler, et voilà qu’il se fait griller sur sa gauche ! Par le Parti socialiste, qui plus est ! Et maintenant les Verts qui s’accrochent à ses basques comme les naufragés au radeau de La Méduse.

Cette campagne présidentielle est pire que la roulette : attention, rien ne va plus ! Pire : c’est de la roulette russe. Et Macron qui s’apprête à marcher sur les eaux…

Malgré ses bonnes résolutions et ses angles soigneusement rabotés, on dit Mélenchon en colère. Il se sent cocu ; certes, pas autant que les électeurs de Fillon, mais quand même… Il retrouve son ton rogue : « Je suis toujours ouvert à parler avec tout le monde […] Quand on me dit que je veux des têtes, non, je n’en ai jamais demandé. Mais je ne veux pas qu’on se paie la mienne. » Alors, composer avec une majorité de gauche, peut-être, mais pas n’importe comment, et surtout pas avec n’importe qui.

C’est peut-être la Saint-Valentin, mais Mélenchon pose des limites à l’amour : « On ne se paiera pas ma tête en me faisant des bisous partout pour ensuite essayer de me faire avaler des Carvounas, des Valls, des El Khomri, des Marisol Touraine et tous ces gens. » La sexualité de groupe ? Très peu pour lui. Pour l’instant. Après tout, Benoît Hamon est bien en train de préparer la grande partouze d’une gauche réputée hier « irréconciliable »…

Yannick Jadot l’assure : « Il n’y a pas de combine quand il s’agit de rassembler. » On n’est pas obligé de le croire.

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