Culture : Jack Lang aux frais de la princesse…

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

À force de pleurer et de gratter à la porte comme un chien errant par un jour de pluie, Jack Lang a fini par retrouver une niche : las sans doute de l’entendre réclamer un hochet doré pour ses vieux jours, ses « amis » socialistes l’ont recasé à l’Institut du monde arabe.

À bientôt 74 ans, le plus ébouriffé des représentants de la gauche caviar repart donc pour une tournée d’au moins trois ans aux frais de la princesse. En effet, pas de retraite pour tous ces coucous qui passent leur vie ballotés de mandat en sinécure, de présidence de Commission en présidence d’Institution, de ministères en musées… Et Dieu sait que celui-là en aura profité, depuis sa bonne ville de Nancy et le Festival international de théâtre universitaire qui lui a servi d’agence de voyages et de tremplin politique en remplissant son carnet de cultureux mondains. Un temps « folle de Chaillot » avant d’être ordonnateur des fêtes mitterrandiennes, il aura usé et abusé de toutes les opportunités.

Boudé par Sarkozy qui avait fini par l’envoyer traquer les pirates dans le Golfe d’Aden, éjecté de la deuxième circonscription des Vosges aux dernières législatives après s’être fait lourder du Pas-de-Calais, il implorait partout une dernière piste pour y faire son cirque.

Va donc pour le Monde arabe ! Après tout, l’important c’est de se faire voir, alors là ou ailleurs… On ne sait pas ce que pense le Monde arabe en question du président qui lui échoit. On se dit juste que la nomination d’un Abdelwahab Meddeb quelconque à la tête du Musée d’Art et d’histoire du judaïsme ne serait peut-être pas allée sans heurts. Mais passons…

Voilà donc l’homme de la love parade régnant sur les moucharabiehs du bord de Seine. Il vient d’y prendre sa première décision, très Languienne : l’organisation d’un cocktail. Précisément, une réception en l’honneur de Madame Lung Ying-Tai, ministre de la Culture de Taïwan. Un sujet très arabisant, on en conviendra. À ceux qui se demandent pourquoi, Lang explique dans son invitation qu’elle est « une femme remarquable. Écrivaine de talent, elle anime avec courage et détermination une politique audacieuse en faveur des arts. » Le site du Point, qui reproduit l’invitation, est allé à la pêche aux informations. Résultat : la ou les œuvres de l’écrivaine Lung Ying-Tai sont introuvables. Donc illisibles dans notre Empire du soleil couchant. Pourquoi alors cette fête en son honneur ? Parce que Lang aime plus que tout les raouts, le champagne et les petits fours, et parce qu’au cours de ce pince-fesses mondain « un projet d’exposition consacrée aux trésors arabes des empereurs de Chine sera en particulier évoqué ». Fumeux et brumeux donc, comme les peintures chinoises de la pluie et du vent.

C’est le monde arabe qui va être content !

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