450.000 fausses identités « recensées » en Europe. Et combien en circulation ?

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

On a recensé en 2014, sur le seul territoire français, 120.000 personnes détenant une double identité. On les a recensées parce qu’elles étaient suspectes ou impliquées dans des affaires délictueuses, très exactement « mises en cause dans une affaire pénale ». « Contrefaçon ou falsification de documents, vols de passeports et de cartes d’identité vierges… », le nombre des fausses identités a augmenté de 21 % ces cinq dernières années.

Ce chiffre émane d’un rapport de l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales) et ne prend en compte, soulignons-le, que les personnes ayant maille à partir avec la justice. C’est dire que le nombre d’individus circulant avec de faux papiers est considérablement plus élevé. Selon les confidences faites au Figaro par Christophe Naudin, expert en criminalité identitaire, on compterait « sans doute 200.000 fraudes à l’état civil, si l’on croise [les chiffres du ministère de l’Intérieur] avec les données des acteurs privés, comme les organismes sociaux ou les banques ».

L’information qui est aujourd’hui à la une du quotidien prend évidemment une ampleur particulière, l’enquête sur les attentats de novembre à Paris ayant révélé que les terroristes avaient circulé tranquillement depuis la Syrie sous de fausses identités. Gênant lorsqu’on sait que le rapport annuel de l’ONDRP date du mois d’août dernier. Soit avant l’image du petit Aylan, dont le corps retrouvé échoué sur une plage de Turquie a « ému le monde entier » et, malgré tout ce que l’on sait, ouvert grand les vannes aux flots de réfugiés et, avec eux, aux groupes terroristo-mafieux qui les manipulent à leur profit.

Selon Interpol, pas moins de 450.000 faux passeports seraient aujourd’hui en circulation à travers l’Europe. Autrement dit, non seulement nos frontières physiques sont des passoires, mais les filtres électroniques, biométriques et autres choses en « ique » sont purement virtuels ! C’est donc un fait acquis : les discours de nos politiques sur la reconnaissance et l’identification des djihadistes ne sont que du baratin destiné à rassurer les gogos. La preuve, une fois encore, par les attentats de Paris.

On mesure dès lors la vacuité de la polémique sur la déchéance ou non de nationalité… Laquelle n’est évidemment qu’une aimable fumisterie : en quoi un terroriste candidat au martyre et agissant sous une fausse identité serait-il dissuadé d’agir par une telle menace ? Convaincu d’appartenir à la « nation islamique » et d’y gagner son paradis, qu’a-t-il à faire d’être français ou patagon ??

L’explosion des flux migratoires entraînant de facto l’explosion des fraudes orchestrées par les passeurs, le Code pénal français s’est adapté, distinguant désormais deux types de fraude : « la falsification et la contrefaçon de documents » et « l’usurpation d’identité ».
 Et vous savez quoi ? Ça nous fait une belle jambe !

Joyeux Noël quand même.

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