L’Église au tribunal de l’ONU !

Journaliste

Réside en Italie

 

De Genève, la sentence vient de tomber : pour l’ONU, la politique de tolérance zéro en matière d’actes pédophiles, menée par le pape Benoît XVI, n’est rien d’autre… qu’une rumeur.

Et pourtant. Aux États-Unis, puis à Sidney, à Malte, en Grande-Bretagne, en Allemagne, le pape s’était entretenu avec les victimes d’abus sexuels. Mais demander pardon, disait Benoît XVI, « ne remplace pas la justice » : il a réduit plus de 400 prêtres à l’état laïc, il a révoqué des évêques sur tous les continents, il a soumis les diocèses d’Irlande à un strict contrôle, les rapports Ryan et Murphy qui en sont issus sont rendus publics. Il a purgé les congrégations délictueuses. En 2010, il a durci les Normae Gravioribus Delictis : les procédures d’enquêtes et de sanctions sont allégées pour plus d’efficacité, les délais de prescription des délits passent de dix à vingt ans… Les autorités épiscopales sont fortement incitées à collaborer avec les autorités civiles. Enfin, le 5 décembre 2013, le pape François, poursuivant l’action de son prédécesseur, annonce la création d’une commission spécifique pour la protection de l’enfant.

Il semblerait donc, comme le remarque ingénument Mgr Silvano Maria Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, que le rapport du Comité de l’ONU ne soit pas très à jour… qu’il ait même été rédigé avant son audition à Genève en janvier dernier…

Or, ce rapport est explosif et accuse le Saint-Siège avec une violence inédite.

Le ton, méprisant et agressif, est celui d’une déclaration de guerre. Les dix-huit « experts » indépendants entretiennent volontairement la confusion entre l’État de la Cité du Vatican et l’Église catholique. Après avoir ignoré, de façon systématique, toutes les actions menées par le Saint-Siège, le rapport développe une attaque en règle de toute l’anthropologie chrétienne sur laquelle l’Église, justement, base la défense et la protection des plus faibles et en particulier des enfants.

N’ayant aucun pouvoir judiciaire, le Comité onusien entend traduire l’Église au tribunal de l’opinion publique. « Les récentes déclarations du Saint-Siège sur l’homosexualité contribuent à la stigmatisation sociale et à la violence contre les adolescents LGBT et contre les enfants élevés par des couples du même sexe. » La Commission « déclare regretter que l’Église continue à promouvoir la complémentarité (homme-femme) et l’égalité dans la dignité, deux concepts qui ne correspondent pas à l’égalité de fait et de droit telle qu’elle est prescrite dans la Convention des droits de l’enfant ». C’est à ce titre que, à plusieurs reprises, le Comité ordonne au Saint-Siège de modifier son droit canonique pour le mettre en conformité avec les conventions onusiennes, en reconnaissant la primauté de celles-ci.

L’ONU entend donc rééduquer l’Église, enjointe à favoriser l’avortement plutôt que l’adoption, à accepter tous les modèles « familiaux », à laïciser l’école catholique. Planning familial contre Evangelium vitae, gender studies contre anthropologie chrétienne…

Mais c’est aussi la vieille histoire de la paille et de la poutre : en 2010, le Wall Street Journal met au jour les exactions commises sur les femmes et les enfants par les soldats de la paix en Bosnie, au Kosovo, au Cambodge, au Timor oriental, au Burundi, au Sri Lanka et en Afrique occidentale, à tel point que l’on évoque couramment les « peacekeeper babies »… mais aussi les « one dollar babies », ces fillettes violées par des Casques bleus au Congo.

En 2005, Ruud Lubbers, Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, impliqué dans un scandale de harcèlement sexuel, est contraint à démissionner.

Pas si sûr que l’ONU soit ce qui se fait de mieux en matière de défense des plus faibles…

Marie d'Armagnac
Journaliste
Réside en Italie

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