Familles royales

Un mariage princier : et pourquoi pas, un jour, chez nous ?

Journaliste

Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

 

Deux milliards de Terriens ont regardé le mariage du prince Harry avec sa bien jolie actrice américaine ! Contre moins de huit millions de téléspectateurs pour l’intronisation de notre jeune Président. Comme me l’écrit Philippe Montillet, proche collaborateur du prince Louis de Bourbon, notre Louis XX, « des gens venus de l’autre bout du monde jusqu’à Londres, d’autres ayant passé la nuit dehors pour “pouvoir voir”, même pas toucher et revenir guéris… »

Un vrai conte de fées, avec un vrai prince et une vraie princesse. J’ai même vu un internaute reprendre, sur Twitter, des extraits du mariage de Cendrillon pour les comparer aux images du mariage de Windsor et, en effet, la comparaison était saisissante, comme si la royauté britannique avait voulu démontrer son côté féerique!

Notre République est bien loin d’atteindre cette popularité qui, que vous le vouliez ou non, est bien réelle dans les royaumes d’Europe et d’ailleurs. Qui incarne le mieux son pays ? Un président élu avec moins d’un quart des électeurs et qui, cinq ans plus tard, s’en ira, aux frais des contribuables, dans une retraite dorée ? Ou un souverain, qu’il soit roi, reine, empereur, tsar, auquel le peuple peut sinon s’identifier, du moins reconnaître qu’il ou elle est la personnification, l’allégorie de son pays ? Voire qu’il ou elle représente l’unité d’un peuple qui semble être divisé, comme en Belgique ou au Royaume-Uni, lequel porte bien son nom puisque, sans monarchie, ce sont pas moins de quatre régions qui seraient quatre pays.

Avec ou sans Brexit, le United Kingdom reste la Grande-Bretagne, solide comme un roc, et ce mariage princier a prouvé au monde qu’elle est encore bien vivante, avec l’aide millénaire de la monarchie. Ce système de gouvernement qui avait pourtant prouvé sa valeur pendant 1.300 ans et qu’une poignée de révolutionnaires a voulu sacrifier, il y a 229 ans, pour les résultats que l’on constate tous les jours.

On pourra toujours dire que Macron a redonné un trône à l’Élysée. Mais sans espoir de descendant, il aura du mal à créer une dynastie royale.

Si l’on en croit le dernier numéro de Valeurs actuelles, si le budget annuel de l’Élysée républicain était de cent millions d’euros sous Hollande, celui de Buckingham Palace, avec tous ses fastes, n’est que de la moitié ! Alan Reid, chargé de veiller au budget de la famille royale, nettement plus nombreuse que celle de nos différents Présidents, estime que la monarchie ne coûte à chacun des sujets de Sa Majesté qu’un timbre de première classe…

Cela devrait faire réfléchir nos concitoyens qui, tous les cinq ans, doivent payer des fortunes pour élire un nouvel homme sans savoir où celui-ci les mènera et à quel mur ils se heurteront !

Le roi incarne. Le peuple dispose en élisant un chef de gouvernement, conforme à ses espérances, qu’il sera nécessaire de remplacer, le cas échéant, sous la bienveillance d’une continuité monarchique qui ne s’invente pas, mais qui exige du souverain une constante idée de la nation, acquise dès sa naissance.

Pourquoi le peuple français serait-il empêché d’espérer retrouver un jour cette stabilité ? Comme l’explique Francis Delpérée dans sa revue Pouvoirs :

« Le roi remplit notamment la fonction authentificatrice. En sa qualité de chef d’État, il assume également la fonction représentative. Le second volet est celui de la fonction symbolique. Le roi parle, écoute, sert éventuellement de médiateur. Cette fonction est particulièrement importante dans les sociétés complexes où la monarchie offre l’image de l’unité. »

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Alors, chiche ?

Ancien directeur des rédactions de l’Agence Gamma

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