Le Bloc-Notes - Politique - Table - 14 novembre 2012

Mariage gay : quand les tantes jouent aux tontons flingueurs !

• Capri, c’est peut-être fini, mais sûrement pas Hervé Vilard qui, sur RMC, vient de dire clairement ce qu’il pensait du mariage homosexuel et de l’éventuelle adoption d’enfants par les mignons en question. Bravo et chapeau bas devant l’artiste : « Un enfant à besoin d’un père et d’une mère ». Puis, devant les changements sociétaux à venir, ces adjectifs : « épouvantable », « insupportable », « sordide ». Et cette interrogation : « Et pourquoi pas les curés pour adopter des bébés ? À condition qu’ils aient été mariés… » Bref, comme le résume ce vieux pédé virilement assumé : « On est mal barrés ! » Les deux Jean, Cocteau et Marais, n’auraient probablement pas mieux dit.

• Le pire, ou le mieux, c’est qu’Hervé Vilard n’est pas le seul à sortir du placard. D’autres ont des couilles, et « pas toujours celles qu’ils ont au cul », pour paraphraser le défunt Maréchal Lyautey, très connaisseur en la matière. Dave dans Le Parisien de ce mardi : « Le mariage homosexuel, je ne suis pas pour. Parce que je suis un beatnik et que je suis contre le mariage tout court. On n’a pas besoin de monsieur le maire pour vivre ensemble. Et puis, symboliquement, gardons le mariage pour les hétéros… » Et le couturier Karl Lagerfeld dans le magazine anglais Vice (ça ne saurait s’inventer) : « Si je m’intéressais aux enfants, je serais grand-père. Ou grand-mère. (…) Je suis contre le mariage gay pour la simple raison que, dans les années 60, tout le monde réclamait le droit à la différence. Et maintenant, soudainement, tout le monde veut une vie bourgeoise. » La classe. Enfin des tantes qui bombent le torse comme des Tontons flingueurs… Voilà qui ne manque pas de gueule !

• Ne pas mettre les vrais mots sur les choses participe toujours à en rajouter à la misère du monde, écrivait à quelques mots près le défunt Albert Camus. Ainsi, il y a ceux qui seraient démocrates ou non et les partis qui seraient républicains ou pas. Ainsi, Vladimir Poutine et Hugo Chavez ne seraient pas de « vrais démocrates ». Ah bon, et pourquoi, plait-il ? Parce qu’ils gagnent leurs élections dès le premier tour, ce avec une avance si confortable qu’ils n’ont même plus besoin de bourrer les urnes. Ça, c’est juste bon pour Martine Aubry contre Ségolène Royal, Kennedy contre Nixon ou Bush Jr contre Al Gore. Il faudra un jour leur expliquer la politique à ces gommeux : on triche quand on a peur de perdre, pas lorsque l’on sait que c’est gagné d’avance. Après, on dira que Chavez et Poutine ne sont pas de « vrais démocrates ». Mais au fait, c’est quoi un « vrai démocrate » ? Bernard Tapie ? De même, quid de cette fameuse « droite républicaine » ? Définition sémantique hasardeuse qui tendrait à prétendre que le Front national, lui, ne serait pas un « parti républicain »… La république, c’est la « res publica ». La « chose publique » et, comme le disait assez bien Jean-Jacques Rousseau, « la monarchie est aussi une république… » Moi qui connaît assez bien le mouvement lepéniste depuis d’un quart de siècle, l’un des rares trucs que je pourrais éventuellement lui reprocher, ce avec tout le recul nécessaire, c’est justement d’être républicain. Parole de royaliste.

PS / 15 novembre 2012 : Dominique Jamet me signale que la phrase prêtée au maréchal Lyautey n’est pas de lui, mais de Georges Clémenceau, à propos du même maréchal Lyautey. C’est l’avantage du travail d’équipe : on n’est jamais trop aidés !

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