Mariage à trois : le couple est mort, vive le trouple !



 

« Nous allons révolutionner le couple » s’exclamait Jean-Paul Sartre avec ferveur au début des années 60. L’avant-gardiste libertaire ne pensait pas si bien dire : en ce début de mois de juin, la Colombie vient d’officialiser le premier mariage entre… trois hommes.

Reprenant l’argumentaire marxiste d’Engels, les partisans du polyamour estiment en effet que le couple n’est qu’une construction sociale bourgeoise et qu’à ce titre, pour se libérer de toute oppression, il faut aussi se libérer de cette structure réactionnaire. Ils invitent donc les individus à fonder des unions à plusieurs : trois, quatre, dix, vingt… Quand on aime, on ne compte pas. Mais ils ne se contentent pas de vivre leurs idylles dans l’intimité. Non, soutenus par les lobbys LGBTIQP et les partisans de l’égalitarisme, ils réclament à l’État les mêmes droits que les autres citoyens.

S’il est vrai que cela ne poserait aucun problème pour le droit fiscal ou notarial, on peut en revanche être plus inquiet pour ce qui a trait au mariage, celui-ci ouvrant droit à l’adoption, voire à la PMA/GPA (d’autant qu’il est, aujourd’hui, possible de concevoir un enfant à partir de trois ADN différents)… Je vous présente donc Lucas, adopté par ses quatre papas et ses trois mamans ; et voici Emma, conçue pendant un rapport entre deux de ses neuf parents, mais elle ne sait pas lesquels…

Le bon sens voudrait que l’on refuse de telles revendications. Mais, comme l’avaient prévu les partisans de la Manif pour tous, la loi Taubira, en ouvrant une jurisprudence, rend toutes ces revendications légitimes. Puisque l’on a nié l’aspect spirituel du mariage, puisque l’on a nié qu’il représente la cellule structurante initiale, puisque l’on nie la complémentarité homme-femme dans l’éducation, puisque l’on a dit qu’il suffisait « d’aimer l’enfant » pour devenir parents, puisque l’on a, justement, ouvert un « droit à l’enfant », comment l’État français pourrait-il refuser cette nouvelle revendication ?

Les hommes ont toujours connu la déviance et le libertinage. Or, ces hédonistes, très justement, vivaient cachés sans porter de revendications politiques. Mais maintenant que la situation a changé, et que chacun y va de son particularisme, il convient d’adopter une posture claire : l’État est une structure utilitaire, elle permet de faire perdurer l’esprit et la culture d’un peuple par l’action politique. À ce titre, il n’a vocation à reconnaître que des pratiques qui, si elles étaient généralisées, ne nuiraient pas à ce peuple.

Le polyamour est la négation de cet amour rendu exclusif par la promesse prononcée par les mariés devant l’autel, le polyamour est donc la négation du mariage. Et puisque le mariage fonde et structure notre société, alors le polyamour est la négation de notre société.

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