Marc-Olivier Fogiel : politiquement de gauche et socialement de nulle part

 

« On refait le monde », l’émission phare du début de soirée de la première radio de France, s’est livrée la semaine dernière à une description de la politique carcérale digne des AG de Nanterre en 68. On en vient presque à regretter que l’ami Rioufol apporte sérieux à cette mascarade plus proche du Théâtre de Dix Heures que de l’heure de vérité, ou de Cyril Hanouna dans « Touche pas à mon poste » que d’Yves Calvi dans « C dans l’air ». Il est vrai que les Léa Salamé de « L’Émission politique » et le Fogiel qui nous occupe sont d’une formation plus buzzante…

Le ministre de la Justice annonçait, la veille, la construction de 4.300 places de prison, dans le cadre d’un plan de « lutte contre la surpopulation carcérale » (sic). On pourrait s’attendre à un plan de lutte contre la criminalité. Ou un plan de diminution de la surpopulation carcérale… Mais lutter contre cette surpopulation, on ne voit pas bien. À part vider les prisons et y refuser du monde, voire envoyer les incarcérés à Cayenne ou ad patres… Un esprit taquin pourrait gloser sur l’intention de Jean-Jacques Urvoas… À vrai dire, ce programme rétablit simplement un programme de construction annulé par… son prédécesseur. Et l’un des drames de l’administration française est bel et bien dans l’impact de la discontinuité politique sur son fonctionnement. Chaque ministre entendant faire fi de tout plan de son prédécesseur.

Mais les commentaires prononcés ce soir-là dépassent l’entendement.

Florilège : « C’est un projet qui fait du Sarko sans Sarko », « On ferait mieux de sortir de prison ceux qui n’ont rien à y faire », « Il faut se pencher sur les alternatives plutôt que de mettre en prison », etc. Philippe Poutou allant même jusqu’à expliquer sobrement que « la dérive sécuritaire et l’incarcération compliquent la réinsertion ». On croirait entendre Bourvil disant qu’après l’accident, la 2 CV allait beaucoup moins bien marcher. Sûr que sans commettre crime et délit, on a aussi une réinsertion plus facile !

Un certain Jean-Marie Fardeau expliquait ensuite dans l’émission les taux de récidive de 61 % pour les incarcérés, contre la moitié pour des personnes condamnés à des TIG ou du simple sursis. Il oubliait simplement de dire que les non-condamnés ne récidivent… pas du tout. Le même annonçant doctement que la politique pénale avait accru le nombre de prisonniers. Oui, oui, si l’on suit ces gens-là, ce n’est pas le criminel qui est à l’origine de l’emprisonnement. On est prié de conserver son sérieux mais, franchement, reprocher à l’État d’avoir accru de 30.000 places les prisons en 25 ans, c’est du niveau farces et attrapes.

La gauche boboïsée, modèle Hollando-Valls, doit savoir qu’elle a perdu définitivement les voix des néo-anars et des momies dogmatiques marxistes.

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