Manuel Valls, d’une claque à l’autre !

Journaliste, écrivain
 

Indubitablement, il y a eu comme une sorte d’élan à la primaire de la droite et du centre ; plus de quatre millions de sympathisants s’étant acquittés de deux euros pour aller voter pour un possible et futur président de la République. De manière tout aussi indubitable, leurs homologues de gauche ne se seront déplacés que pour élire, au mieux, le prochain premier secrétaire du Parti socialiste ou de ce qu’il en reste ; même à prix cassé, un euro seulement : tout doit disparaître !

Thomas Clay, incarnant la « haute autorité » du happy hour en question, tout à son lyrisme de sous-préfecture, affirme sans rire : « La primaire est un acquis démocratique dont on doit se réjouir. » Ça ne coûte rien de le dire, mais peut-être que ça soulage…

Bon, les résultats, maintenant. Tel qu’écrit sur ce site, il était prévisible que Benoît Hamon (35,8 %) sorte du chapeau claque, comme dirait Manuel Valls, qui le talonne de plus ou moins près (31,4 %). Il était aussi prévisible que le réflexe « légitimiste » joue malgré tout en faveur de l’ancien Premier ministre qui, en l’occurrence, sauve la face.

Arnaud Montebourg (17,9 %) reste un peu au bord du chemin, mais à deux sur le même créneau populiste que Benoît Hamon, son ex-meilleur ami, voilà qui faisait au moins un populiste de trop. Très logiquement, il se range derrière le vainqueur, pesant ainsi de tout son poids, tel qu’il l’avait fait lors de la dernière primaire socialiste de 2011. Étrange destin que le sien, de faiseur de rois.

Ensuite, très loin derrière, Vincent Peillon (6,48 %), pas si mal, étant donné son charisme de pion de cour de récréation. François de Rugy (3,49 %), inespéré pour un écologiste aussi bien coiffé. Sylvia Pinel (2,1 %), qui sort enfin de l’anonymat. Et Jean-Luc Bennahmias (1,6 %), pour le prix du meilleur camarade et de la bonne humeur communicative…

Pendant ce temps, François Hollande, après avoir boudé le deuxième débat de cette primaire, préférant assister au one-man-show de Michel Drucker, aura été ce soir faire un petit tour au Chili. Destination plus lointaine, on ne fait pas ; surtout en ces contrées où le téléphone portable à tous les coups ne passe pas. En espérant, aussi, qu’il ne puisse recevoir France 24 ou TV5 Monde dans son hôtel, histoire de lui épargner ce spectacle dominical à l’occasion duquel tout le monde se retrouve à peu près d’accord pour – droit d’inventaire oblige – rejeter globalement le bilan de ce quinquennat donné pour normal.

À l’heure où nous mettons sous presse, nous apprenons que Sylvia Pinel apporte son soutien à Manuel Valls. Un cataclysme politique en devenir ? Non, non, on plaisante.

Le problème, c’est que Benoît Hamon ne plaisante pas lorsqu’il assure « vouloir être en capacité de reconstruire de l’espérance ». Et une fois traduit en français, ça donne quoi ?

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