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Manspreading : bas les pattes !

 

« Un manque de civisme » ; « une forte dose de machisme » ; « un geste patriarcal et sexiste »… Voilà certains des termes utilisés par la presse et les associations féministes pour décrire le manspreading. Selon les féministes américaines (théoriciennes des pires lubies), le manspreading désigne le fait, pour un homme dans les transports en commun, d’avoir les jambes trop écartées, ce qui gênerait ses voisins… Ce comportement serait vécu par les femmes comme une véritable agression patriarcale, voire par certaines comme une réelle agression sexuelle.

Les féministes de tous bords réclament donc des mesures politiques contre cette pratique. Plusieurs grandes métropoles américaines ont déjà pris la décision d’interdire le manspreading dans les transports. De même à Madrid, où le parti d’extrême gauche Podemos vient aussi d’interdire cette « pratique ». Si bien qu’aujourd’hui, à côté du panneau « interdit de fumer », on retrouve dans les transports madrilènes une signalétique montrant un homme en plein manspreading, le tout barré d’une croix rouge. Et, en France, madame Hidalgo, en pointe dans la prise en compte de revendications en tout genre, devrait bientôt mordre à l’hameçon…

Mais la polémique et le battage autour de ce concept sont de faux problèmes. Il est stupide de penser que les hommes décident volontairement d’écarter leurs jambes pour embêter leurs voisines. Quand, après une longue journée de travail, un homme se laisse aller, il ne se dit pas « Chouette, par cette action je vais faire progresser le patriarcat ! » La plupart du temps, il ne s’en rend pas compte. Rappelons, d’ailleurs, que des chercheurs ont démontré que le manspreading pouvait s’expliquer par des facteurs physiologiques et psychologiques.

Reconnaissons, cependant, qu’on peut effectivement être gêné par ce comportement qui consiste à s’accaparer de l’espace dans un lieu qui est déjà franchement inconfortable et exigu. Effectivement, de même qu’il est malpoli de mettre ses pieds sur un siège, de prendre une place uniquement pour son sac à main ou d’écouter de la musique en public, il est aussi incivique de s’étendre plus que de raison. Or, ces problèmes touchent et embêtent tous les usagers, pas seulement les femmes. C’est donc là qu’on voit la malhonnêteté de ces féministes qui instrumentalisent un problème général afin de se poster en victimes éternelles du grand-méchant-homme…. Le manspreading n’est pas misogyne, pas plus qu’un sac à main posé sur un siège n’est le signe d’une misandrie primaire.

Le combat contre les incivilités ne doit pas être récupéré ; il concerne, par définition, l’ensemble des citoyens, hommes et femmes, qui doivent s’appliquer à faire respecter la décence commune et le bon sens qui fondent l’éthique d’une société. Dès lors, le meilleur moyen de régler ce problème est d’agir comme nous l’avons toujours fait : se parler et demander à l’autre d’être respectueux, plutôt que de poster des photos des « coupables » sur les réseaux sociaux… Si nous n’y parvenons plus, si mêmes les fondamentaux du respect ne vont plus de soi, si nous sommes obligés de créer des signalétiques ou des brigades de policiers venant mesurer l’écartement des jambes des usagers, si nous sommes obligés de contrôler la façon dont les Français s’assoient, alors notre société est déjà morte.

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