Editoriaux - 9 octobre 2018

Manifestations : la mascarade du printemps va-t-elle reprendre ?

Ce mardi était une journée de protestation. Or, il existe un fort ressentiment chez les Français contre la politique de M. Macron. Les plus virulents sont les retraités dont les revenus (médiocres) ont été amputés pour augmenter les salariés. 80 % d’entre eux auront une baisse de la taxe d’habitation, mais celle-ci est mangée par l’inflation et l’augmentation du prix du gaz et de l’essence.

Les salariés ont vu leurs revenus stagner : l’inflation a effacé la progression du pouvoir d’achat, mais les charges sociales ont baissé. L’avenir est plus incertain, cependant, ils ne bougeront pas.

Les syndicats et les organisations de lycéens et d’étudiants essayent de rallumer la mèche éteinte en juin, mais ils vont échouer.

Les seuls qui les avaient suivis au printemps, les cheminots, sont laminés financièrement par les nombreuses et inutiles journées de grève. Celles-ci n’ont pas fait bouger d’un iota la direction de la SNCF. Les conducteurs de train et les contrôleurs ne se mobiliseront plus avant longtemps, tant ils ont pris conscience du cynisme de leurs directions syndicales qui les ont envoyés sans aucun état d’âme au casse-pipe, alors qu’ils savaient depuis le départ qu’ils n’obtiendraient strictement rien. Elles ont alimenté le conflit, juste pour la gloriole et pour l’illusion du « Grand Soir » qui n’arrivera jamais. En tout cas, personne (ou presque) ne faisait grève, ce mardi, à la SNCF et à la RATP.

Les fonctionnaires sont furieux, mais ont-ils pour autant envie de venir au secours des syndicats ? Ils sont furieux car l’inflation est à 2,3 % et ils n’auront aucune hausse de salaire avant 2020 (et encore !). Le point d’indice est quasiment bloqué depuis 2010, avec une petite revalorisation en 2016 et 2017 quand M. Hollande espérait encore être réélu. Comme on veut éviter le ridicule de voir des fonctionnaires de catégorie A payés au SMIC, on multiplie les revalorisations catégorielles, ce qui amène rancœur et incompréhension chez ceux qui n’obtiennent rien. Et puis, à quoi sert de faire grève si, en fait, cela ne sert qu’à renflouer les caisses de l’État ! En effet, si 50 % des fonctionnaires cessent le travail, le Trésor gagne 150 millions d’euros par jour. Une manne inespérée. Et cela n’entrave pas ou presque pas l’activité économique.

Les syndicats se retrouvent sans troupes. Deux cents manifestations, 300.000 manifestants tout au plus dans toute la France. Pour quel impact ?

Reste l’agitation lycéenne et surtout étudiante. L’occasion, pour de pseudo-étudiants, d’installer des migrants dans les locaux des universités et d’empêcher la tenue des cours et des examens. L’année dernière, ils avaient commencé vers mars et la moitié des facultés avaient dû organiser des examens dont les modalités avaient été assouplies, ce qui posa le problème du sérieux des diplômes. En fait, les bloqueurs se moquent complètement de leurs études et de l’avenir de leurs camarades. Ils font grève pour faire grève, pour lancer la révolution, et si tout le monde se retrouve chômeur par leur faute, ils dormiront toujours sur leurs deux oreilles. Apparemment, ce mardi, les blocages semblent ne pas prendre et les bloqueurs ont été chassés par la police ou par des étudiants qui veulent travailler.

Espérons que ce mouvement révoltant fera pschitt !

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