Editoriaux - Histoire - Politique - 25 avril 2018

Le maire détourneur de fonds publics trouve encore des supporters

Les quelques ministres et députés connus qui contribuent à offrir une image désastreuse du monde politique ne sont pas les seuls à œuvrer en ce sens. À plus petite échelle, ici et là, quelques élus locaux font tout leur possible pour que l’image du « tous pourris » perdure auprès du public. En bon serviteur de cette cause, l’ancien maire de Ponlat-Taillebourg (31), Patrick Doucède, revendait du matériel de sa commune sur Le Bon Coin pour son compte personnel, sous le charmant sobriquet de Doudou31. Devinette de cour d’école : « Qui c’est qui a un nom qui commence par Dou, qui habite le 31 et qui vend du matériel agricole en tout point semblable à celui d’une mairie ? » C’est notre Patrick Doucède à nous, a répondu la secrétaire de mairie, envoyant ainsi son détourneur de fonds publics devant les tribunaux pour écoper de six mois de prison avec sursis et d’une peine d’éligibilité de trois ans avec confiscation des sommes saisies, à savoir 21.800 euros. Bénéfice engendré par la vente d’une débroussailleuse, d’une faucheuse et divers matériels agricoles. Le « Castorama communal » ne faisait que le gros outillage. Qui était déclaré ensuite volé. L’histoire ne dit pas comment les employés communaux se débrouillaient pour entretenir les espaces verts. À la main, avec les dents… La tâche était rude.

Au rayon paranormal, Le Point nous apprend que l’ancien maire conserve certains soutiens au sein de sa commune. Des fidèles de « l’école Cahuzac » qui dénoncent un « acharnement ». Des qui trouvent qu’il aurait dû conserver son poste. Il restait encore des trucs et des machins à vendre. Des tournevis, des tuyaux, des robinets, une photo de Macron encadrée, l’ordinateur de la secrétaire, ses lunettes… Un habitant cité par La Dépêche plaide la cause : 

C’est abracadabrantesque ! Il a fait une erreur, mais n’a tué personne. Pour le prix d’une voiture, il ne méritait pas ça. Je souhaitais qu’il reste maire, il faut savoir pardonner. À Paris, ils sont Charlie, moi, je suis Patrick.

Ainsi s’explique l’indulgence populaire à l’égard de la classe politique. Une mansuétude qui voit toujours les mêmes reconduits et au bout, tout au bout de la chaîne, la rumeur publique qui dénonce un « tous pourris ». La récolte de ce qu’ils sèment les indigne. Les vendeurs de débroussailleuses ont de beaux jours devant eux…

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